L'ère d'un pétrole cher sera de facto une ère de relocalisation plus ou moins poussée d'un certain nombre de nos activités, relocalisation qui a d'une certaine façon commencé à s'effectuer.
Considérons les personnes qui, depuis quelques mois, circulant moins du fait de l'augmentation du prix des carburants, soit groupent les activités qui nécessitent un déplacement soit suppriment un certain nombre d'activités effectuées à quelque distance de leur domicile : passer des vacances, ou des moments de loisir, chez soi plutôt qu'ailleurs n'est rien d'autre que "relocaliser" vacances ou loisirs.
Nul doute qu'avec un pétrole cher cette tendance va se manifester de plus en plus nettement : produits et personnes voyageront moins, moins loin, moins souvent.
Cela pèsera tant sur nos importations que sur nos exportations : le profil de notre économie, mais aussi de l'économie mondiale, en sera affecté.
L'enjeu des biocarburants, comme celui des gaz à effet de serre, est mondial.
Et il faudra que des instances mondiales viennent à s'en emparer un jour afin de mettre en place certains mécanismes de régulation, et de contrainte peut-être car la question des gaz à effet de serre, par son impact, est d'une nature voisine de celle que pose l'accès à la puissance nucléaire : il s'agit dans les deux cas d'accéder à un état d'équilibre tel que la survie de l'humanité sera aussi bien préservée que possible et que personne ne puisse inconsidérément la mettre en danger.
Dans les deux cas cela réfère à la "puissance", économique ou guerrière, que l'on désire s'accorder par rapport à celle que d'autres détiennent.
On s'apercevra un jour peut-être qu'un indice montrant la capacité d'un groupement humain à ne pas endommager son environnement sera d'une importance infiniment supérieure au nombre de bombes qu'il détient.
Ce sera l'époque effrayante où nous regretterons de n'avoir rien fait...
Réagir, s'il en est encore temps, avant que quelques catastrophes climatiques, économiques ou autres mais indubitablement liées aux conséquences de nos façons d'agir nous remuent suffisamment les neurones...