S'abîmer dans la contemplation sinistre du panorama d'un avenir douloureux ?
Serons-nous fétus durement ballottés par des éléments furieux, que nous aurons souvent déclenchés ?
Peut-être et même sûrement pour certains d'entre-nous : pensons aux riverains de la mer d'Aral, à ces populations chassées par l'avancée d'un désert (Gobi par exemple), par la montée des eaux océaniques (Tuvalu...), par la fonte du permafrost (certains Inuits, des Sibériens...), par la salinisation des terres qui les nourrissaient (certaines régions arides irriguées sans discernement...)...
Autant de personnes comme vous et moi qui ont beaucoup ou tout perdu, qui sont devenues des réfugiés qu'en général personne ne s'empresse d'accueillir, d'aider à rebondir, à tenter un nouveau départ (l’Institut pour l'environnement et la sécurité humaine (IESH) de l’ONU demande une définition du concept de réfugié environnemental)...
Autant de personnes qui, n'ayant pas su détecter la rupture (mais peut-on le leur reprocher alors que nous avons vu que nous étions presque tous étrangers au mécanisme de pensée qui permettrait de le faire ?), l'évolution non linéaire (non conforme au domaine de variabilité de leur passé connu) qui causerait leur chute, ne se sont pas préparées à vivre ce tournant, qui l'ont abordé sans la moindre solution de substitution et ne seront indemnisées de rien ou presque.
Rien, absolument rien ne garantit que nous pourrons toujours maintenir le niveau de confort et de sécurité dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Il suffirait d'un hiver glacial avec un très fort enneigement pour nous le rappeler : effondrement de toitures, paralysie plus ou moins prononcée des voies de communication, pénuries d'électricité et fortes atteintes aux réseaux filaires, forte augmentation du prix des énergies si le froid atteint à la fois l'Europe et l'Amérique du Nord (ce qui n'est nullement à exclure dans un contexte de réchauffement climatique global)....
Un tel épisode "hors des normales saisonnières" suffirait à démontrer notre très grande fragilité, tant individuelle que collective, face à des événements inhabituels.
Il serait la cause d'une déstabilisation momentanée mais profonde de notre économie : quels dégâts après 2, 3 mois d'un tel régime, combien de sans abris, de mal logés – mal chauffés, de "travailleurs pauvres" sans logement en victimes ?
Et rien n'interdirait qu'en suite nous connaissions 2 années consécutives d'extrême sécheresse et de canicule.
Au coeur de ce tragique nous assisterions à des réaction d'un comique assez douteux telles que nous en avons constaté à la suite de la canicule de 2003 : il y eût razzia sur les climatiseurs pour mieux affronter les chaleurs épouvantables de l'été suivant... qui fût doux !
Bien avant la fin de cet hiver froid il n'y aurait plus dans aucun rayon le moindre brin de poële, de chaudière, de combustible (combien de temps dureraient les stocks locaux de différentes énergies, dans chaque région, en cas de paralysie du trafic ?).
Certains seraient dépourvus du nécessaire, d'autres auraient accumulé un stock pour les 15 ans à venir (est-ce là une caractéristique de notre société unie et solidaire ?).
Et de nouveau un phénomène identique pour des climatiseurs dès le début d'une nouvelle canicule.
Dans un tel schéma (qui ne se produira peut-être pas !) concentré sur à peine 2 ans nous pourrions beaucoup souffrir : nous, chacun, tous, l'économie aussi.
N'oublions pas qu'une multiplication des phénomènes extrêmes dans le monde sur un laps de temps assez court pourrait gravement affecter les possibilités d'indemnisation par les assurances : moins de couverture des dommages, forte augmentation des primes et secours problématiques de la part des états les plus fortement touchés...
Au coeur du plus froid de l'hiver comme aux moments les plus chauds de l'été qu'est-ce qui serait le plus catastrophique : le froid, le chaud, ou la façon que nous avons d'aborder l'un et l'autre ?
3 mois à -20, -30°C n'éreintent pas une société structurée pour affronter les grands froids, et 2 mois à 35 ou 40°C sont courants dans un certain nombre de pays sans qu'ils en subissent de dommages.
Le fait que nous puissions souffrir de températures extrêmes signifie simplement que nous gérons très mal le très froid et le très chaud.
Or la perspective du réchauffement climatique nous laisse entrevoir trois voies possibles d'évolution du climat en Europe.
Une première voie serait celle d'instabilités non prévisibles, correspondant à l'hypothèse évoquée ci-dessus.
Une seconde correspond à un réchauffement de l'Europe supérieur à la valeur de réchauffement moyen de la Terre.
Une troisième devra tout à la disparition éventuelle d'un Gulf Stream qui nous garantit depuis longtemps un climat tempéré mais dont on sait que l'avenir est assez incertain, et dont nous ignorons en fait tout du scénario de son hypothétique disparition : quels effets, à quel horizon temporel ?
Et personne à ce jour ne semble être capable de trancher entre les trois voies...
Pendant ce temps nous gérons toujours massivement le froid et le chaud par de très fortes consommations en énergies diverses, dont tout nous incite à penser qu'elles se feront un jour, et peut-être bientôt, rares et chères.
Energies dont nous savons que persister à les consommer frénétiquement ne pourra qu'augmenter le risque climatique qui pèse sur notre avenir !
Non, il n'existe pas spontanément de bulles de savon cubiques, octaèdriques....
Elles sont toutes sphériques, elles seraient parfaitement sphériques si une gouttelette d'eau ne les déformait pas, le plus souvent.
Pourquoi ces sphères ?
Parce-que c'est la forme pour laquelle l'énergie de maintien est minimale.
Et l'on trouvera dans de nombreux phénomènes, physiques, chimiques, biologiques... cette constante : l'équilibre correspond toujours à un besoin minimal en énergie.
D'un point de vue physiologique l'équilibre s'appelle "homéostasie" : "Tendance des organismes vivants à maintenir constants leurs paramètres biologiques face aux modifications du milieu extérieur" me dit le dictionnaire.
Et pour y parvenir ces organismes, humains compris, comme la bulle, ont privilégié les solutions les plus économes en énergie.
On peut aussi considérer que depuis plus d'un siècle nous sommes dans une bulle énergétique qui menace maintenant d'imploser : un siècle par rapport à l'âge de 4,55 milliards d'années de la Terre, l'espérance de vie d'une petite bulle ?
Ainsi la comparaison de notre économie interne et de notre débauche de consommation énergétique volontaire (émanant de nos décisions réfléchies, et non de notre physiologie) pourrait nous conduire à énoncer que "notre tête est nettement moins intelligente que notre corps" !!!
Pourquoi, en effet, choisir les solutions les plus coûteuses à tous points de vue alors que d'autres solutions existent ???
Le catastrophisme lucide conduit donc à penser qu'il serait urgent que nous sachions nous accommoder du froid comme du chaud en utilisant très, très peu d'énergie.
A notre caractéristique interne d'isothermie nous devons faire correspondre un devoir externe d'isothermie pour tout ce qui concerne les bâtis dans lesquels nous sommes appelés à vivre (habiter, travailler, se distraire...).
ON APPELLE CELA LA CONSTRUCTION BIOCLIMATIQUE.
Et je risque de répondre à toute personne qui m'affirmerait que nous n'avons pas ce devoir que sa tête est peut-être moins intelligente... que ses pieds, car maintenir avec économie la température appropriée dans ces extrémités est une gageure !
A propos, que font de décisif les politiques dans ce domaine ?
Construction neuve, réhabilitation de l'ancien ?
Rien de bien convaincant...
Pardon, ils font : ils réduisent les crédits de l'Ademe, ils ont transformé les primes en crédits d'impôts.
Cela laisse-t-il des possibilités aux personnes non imposables de faire évoluer - même modestement - leur habitat ?