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Aux frontières de l'agriculture

Nous savons qu'il nous sera impossible de remplacer notre consommation actuelle de pétrole par des biocarburants et, dans une hypothèse d'augmentation généralisée du prix de toutes les énergies, nous serons probablement contraints à plus ou moins court terme à mettre un frein à notre consommation d'énergie, quelle qu'en soit la source.

Nous serons donc condamnés à réaliser des économies d'énergie et à explorer tous les secteurs où il sera possible d'y procéder.

Traitement des eaux usées

Un secteur pour lequel il serait possible de cumuler des économies d'énergie, de la production de biomasse et une meilleure lutte contre la pollution est celui du traitement des eaux usées.

Actuellement les stations d'épuration sont, le plus souvent, consommatrices d'énergie : nous pourrions inverser leur bilan énergétique négatif et les rendre productrices de biomasse destinée à la fabrication de combustibles ou de carburants.

Des solutions faisant intervenir le lagunage et la phytoremédiation existent et sont très rarement utilisées en France.

De telles solutions présentent en outre, sur les stations d'épuration telles que nous les connaissons, l'avantage de capter avec une assez grande efficacité les métaux lourds et de très bien dégrader un grand nombre de molécules plus ou moins toxiques ou indésirables (notamment d'origine médicamenteuse) qui rejoignent aujourd'hui nos rivières.

La phytoremédiation, ou traitement des eaux par les plantes, permettrait d'obtenir au moindre coût des quantités très importantes de biomasse, et donc de substituts au pétrole.

D'un point de vue environnemental comme sur le plan d'un meilleur bilan énergétique global il serait nettement plus bénéfique de transformer nos systèmes d'épuration actuels en installations de lagunage - phytoremédiation que de cultiver massivement la betterave.

Des nutriments perdus et polluants

Les phosphates, qui polluent gravement nos eaux de surface et proviennent largement de nos lessives, sont actuellement rejetés par les stations d'épuration sans avoir été fixés dans des molécules qui les rendraient inoffensifs.

Il en est de même de très nombreuses molécules qui pourraient être dégradées par des plantes.

Cela signifie que des plantes pourraient tirer profit de ces molécules en les utilisant comme des nutriments (des fertilisants) : ces molécules changeraient de statut, leur capacité de nuisance serait annulée et leur présence dans les eaux usées deviendrait un atout dans la mesure où elles produiraient une biomasse à forte valeur ajoutée.

L'étagement des plantes dans les bassins devrait permettre la production de différentes espèces dont certaines, du fait de leurs capacités particulières, seraient chargées de débarrasser les eaux des métaux lourds qu'elles contiennent.

Ces plantes seraient traitées de façon à ne pas disperser ces métaux dans l'environnement, tandis que les plantes qui ne fixent pas les métaux mais font leur profit des autres molécules seraient utilisées à des fins énergétiques et agricoles.

Traitement des déchets solides

Une fraction importante des déchets solides est constituée de déchets végétaux, souvent humides, qui le plus communément sont brûlés dans des incinérateurs, appareils coûteux et dangereux (il ne se passe pas de mois où ne soit annoncée la détection de dioxines au delà des valeurs "acceptables" selon la loi dans des oeufs ou tel autre denrée produite à proximité d'un incinérateur...).

Il y a d'autres façons de traiter ce type de déchet, qui permettent de produire à la fois des composts et des combustibles (méthane).

Ces composts pourraient être une des bases d'une agriculture saine des biocarburants, en améliorant le rendement énergétique global de la filière : remplacement des intrants d'origine pétrolière (engrais) par des déchets correctement valorisés.

Une telle dynamique aurait un effet très bénéfique sur la qualité des sols agricoles qui sont, le plus souvent, très dégradés par les méthodes d'agriculture intensive pratiquées depuis plusieurs décennies.

Une autre politique des déchets

La collecte des ordures ménagères est le plus généralement facturée forfaitairement en France.

Dans une zone géographique donnée, que vous "produisiez" plus ou moins de déchets vous vous acquitterez de la même somme, ce qui ne semble pas très équitable et n'incite pas à réduire cette production.

D'autre part nous savons que nous produisons de plus en plus de déchets qui posent de nombreux problèmes de traitement, de pollution...

Un tri plus poussé permettrait une meilleure valorisation des différents déchets et certaines expériences montrent que l'on peut inciter les consommateurs à de meilleurs choix de consommation qui ont pour effet de réduire la masse de déchets produite.

Il serait urgent de généraliser un système de facturation de l'enlèvement des ordures ménagères basé à la fois sur la masse des déchets produits par chaque ménage et sur la qualité du tri effectué.

Il deviendrait possible de généraliser le compostage de tous les déchets végétaux (difficiles à incinérer) qui seraient recyclés dans des applications énergétiques et agricoles.

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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