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Y-a-t-il urgence à maîtriser la pollution généralisée par les phosphates ?

La lecture d'un certain nombre de documents (voir les liens ci-joint) nous apprend que nos écosystèmes sont régulièrement alimentés en phosphates sous différentes formes plus ou moins solubles par l'agriculture et les rejets de stations d'épuration, et en contiennent de grandes quantités, en mobilité constante.

Véhiculés par les eaux ils s'accumulent dans les vases et sont petit à petit drainés vers la mer où leur présence massive peut avoir de très mauvais effets sur la vie marine.

A moins que nous changions nos comportements nous devons nous attendre à ce que nos eaux reçoivent encore d'importantes quantités de phosphates ce qui aura comme conséquence directe que les cyanobactéries qui produisent des dermatotoxines, hépatotoxines et neurotoxines prolifèrent encore et peut-être dans un nombre de plus en plus élevé de nos cours et plans d'eau.

Rappelons que ces toxines ne sont pas arrêtées ou détruites par les systèmes de traitement des eaux et qu'elles demeurent dangereuses plusieurs semaines après le moment où elles ont été émises.

Si la corrélation s'établit un jour avec certitude entre les maladies d'Alzheimer, de Parkinson et la SLA (Sclérose latérale amyotrophique ou Maladie de Charcot) la question des phosphates deviendra un problème de santé publique d'autant plus insoluble qu'une plus grande proportion de nos eaux sera affectée.

S'il n'y a aujourd'hui que présomption le principe de précaution devrait nous conduire à réagir immédiatement et de façon vigoureuse : le "scandale" pourrait avoir un jour l'ampleur de celui du sang contaminé !

Réagir, cela signifie imposer de sévères limites à l'utilisation des phosphates dans toutes nos activités, mettre en place les solutions les plus performantes de traitement des eaux usées (fixation des phosphates dans des tissus vivants qui ne les relâcheront que lentement ?), limiter les utilisations agricoles des phosphates solubles et trouver un certain nombre de solutions de substitution.

Cyanobactéries : rivières sous contrôle... mais ?

L'ensemble du territoire français est plus ou moins affecté par les croissances de cyanobactéries émettrices de toxines : il faut donc une grande vigilance pour qu'elles ne se retrouvent pas dans nos eaux de boisson, mais qu'adviendra-t-il d'un grand nombre de nos activités si les proliférations s'étendent ?

Le pêcheur à la ligne, s'il consomme ses prises, risque-t-il de s'intoxiquer ?

Le chasseur d'espèces aquatiques court-il le même risque ?

Que deviennent ces toxines dans la chaîne alimentaire ?

Quel sera le sort des activités nautiques ?

Quel sera l'impact sur le tourisme ?

En outre les contrôles ne sont pas effectués quotidiennement : est-il possible qu'une pollution par ces toxines ne soit pas détectée à temps et que nos eaux potables soient contaminées temporairement ?

Il semble que rien ne l'interdit.

En attendant, touristes et sportifs doivent, dans certaines régions (mais lesquelles ?) s'informer avant d'avoir le moindre contact avec les eaux de surface (voir les liens ci-joint).

Substituts aux lessives phosphatées

Bien évidemment il faudra que nous puissions continuer à laver ce qui devra l'être en se passant des phosphates qui sont l'un des constituants principaux de nos lessives.

Il existe quelques marques de lessives sans phosphates pour laver le linge (lessives aux zéolites par exemple), des machines à laver capables de fonctionner sans lessive en donnant de bons résultats et des produits de substitution comme la noix de lavage.

Ces noix contiennent de la saponine, un agent lavant " naturel " et totalement biodégradable que l'on trouve également dans une plante qui pousse sous nos latitudes : la saponaire.

L'arbre qui produit les noix de lavage (Sapindus Mukorossi) existe essentiellement en Inde et au Népal et n'offre son fruit qu'à partir de l'âge de 10 ans.

Il serait probablement impossible de remplacer dans de brefs délais toutes nos lessives par la saponine tirée des noix de Sapindus Mukorossi.

Mais l'agriculture serait en mesure de nous fournir assez rapidement cette saponine en cultivant à grande échelle la saponaire.

Agriculture : maîtriser la libération des phosphates

Une bonne croissance des végétaux nécessite Azote, Phosphore et Potassium (le fameux NPK) : il est donc indispensable de veiller à ce que les plantes disposent de ces trois éléments en quantité appropriée et au bon moment.

Nous avons vu qu'il est aussi indispensable d'éviter d'ajouter dans notre environnement des flux de phosphates qui rejoindront les eaux de surface et souterraines.

La question est donc d'apporter aux végétaux des quantités de phosphates suffisantes qui leur seront accessibles au fur et à mesure de leurs besoins, en bannissant les phosphates solubles susceptibles d'être évacués par la première pluie.

Il faut donc des apports qui se dégraderont au fil de la croissance des cultures et un système garantissant une capture aussi efficace que possible de la fraction résiduelle des apports (la fraction qui n'aura pas été consommée par les cultures).

Les systèmes d'agriculture biologique basés sur l'utilisation de compost, le couvert permanent des sols (cultures destinées à retenir les éléments nutritifs présents dans les sols, engrais verts...) et les techniques de semis sous couvert devraient se montrer capable de résoudre, sinon parfaitement du moins de façon assez satisfaisante, ce problème.

Boues de stations d'épuration

On constate, en lisant certains documents (voir les liens ci-joint) que les boues de stations d'épurations peuvent être utilisées par l'agriculture, dans certaines conditions et avec un certain nombre d'inconvénients (présence de molécules, de bactéries, de fragments de matière, de métaux lourds... tout à fait indésirables).

Il y a des réticences de la part de certains agriculteurs à les utiliser (dans des conditions qui sont sévèrement encadrées, donc avec une certaine lourdeur de mise en oeuvre), la valorisation de ces boues, en termes financiers, est incertaine comme elle est incertaine en termes agronomiques.

Quelle fraction de ces boues épandues est réellement utilisée par les cultures, quelle fraction est entraînée dans le sous sol puis dans les eaux souterraines et de surface (la même question se pose pour tous les engrais) ?

Et quelle fraction non dégradable ou dégradable sur de très longues périodes (matières plastiques par exemple) de ces boues rejoint des sols agricoles où elles ne devrait pas se trouver ?

Même les boues compostées (une petite partie des boues de station d'épuration subit un compostage avant épandage) posent des problèmes.

C'est pourquoi il serait probablement bénéfique de traiter différemment nos eaux usées, par un système conjuguant lagunage et phytotraitement : utiliser les éléments nutritifs de nos rejets afin de faire pousser des plantes qui les capteraient, ces plantes étant par la suite compostées pour être livrée à l'agriculture.

Une telle méthode laisserait des boues résiduelles débarrassées des éléments utiles à l'agriculture, boues qui devraient être traitées en fonction de leur composition, mais ne devraient pas servir à des usages agricoles.

Médiatisation et gouvernement

La question des proliférations de cyanobactéries et des toxines qu'elles produisent a été l'objet de quelques informations dans la presse et dans les médias audiovisuels mais elle n'est pas sur le devant de la scène : faudra-t-il qu'elle atteigne la "une" des actualités, avec par exemple la mort d'une personne (comme on a constaté la mort de chiens, par les eaux toxiques du Tarn) ?

Les pouvoirs publics sont très informés de l'état des lieux sur ce sujet, et le gouvernement dispose de toutes les possibilités de l'être aussi bien.

Nous serions peut-être assez nombreux à souhaiter connaître la position de nos ministres de l'environnement, de la santé et de l'agriculture sur cette question.

Est-ce, de leur point de vue, un dossier prioritaire, d'importance secondaire ou cela ne fait-il l'objet d'aucun dossier ?

Quelle évaluation du risque ont-ils fait, à court, moyen et long terme ?

Préparent-ils des mesures dont nous ne serions pas informés ?

Ont-ils décidé de laisser "le marché jouer son rôle" dans ce domaine et d'attendre que la confrontation entre lessiviers et producteurs de saponaire ait résolu le problème ?

Nous attendrons longtemps... : combien de producteurs de saponaire sont en lice ?

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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