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jeudi 28 juillet 2011

Campagne mondiale pour la liberté et la démocratie sur les réseaux « sociaux »

Les volontés fermement affichées de Google et de Facebook d'exiger que chacun s'inscrive sur leurs réseaux sociaux sous sa « véritable identité » sont une menace forte pour la liberté de chacun et de tous.

Peuvent être affectées nos libertés de parole et d'action dans de nombreux domaines, religieux, politique, intellectuel, sexuel...

La liberté de personnes menacées, et il en existe beaucoup de par le monde pour de très nombreux motifs, exige que ces personnes puissent jouir des libertés que nous sommes très nombreux à exercer sur le Net et dans la vie en général sans que nous puissions penser un instant que cela pourrait présenter un danger pour notre intégrité physique, simplement parce-que nous nous trouvons dans un contexte de tolérance assez large.

L'obligation de se désigner sous nom en toute occasion, que veulent imposer ces sociétés, doit donc être rejetée en bloc et avec force.

Chacun au monde doit à la fois pouvoir être présent sur les réseaux sociaux et ne souffrir pour cette raison d'aucune discrimination, sinon ces réseaux agiront comme des outils d'exclusion sociale.

Chacun doit pouvoir y apparaître aussi bien sous un « profil » lui permettant un type de présence, et de publication, qui sera conforme avec ses diverses obligations (dans le domaine professionnel par exemple) et si nécessaire sous un ou plusieurs autres profils qu'on ne pourrait relier au véritable état civil afin de permettre l'expression d'idées qui pourraient compromettre l'avenir professionnel, les relations de voisinage ou présenter tout autre inconvénient majeur.

Un profil unique identifié par les données d'état civil constitue un outil de censure, car bien des personnes ne pourront y publier des réflexions pouvant être estimées « non conformes ».

Des réflexions qui, pourtant, seraient partie intégrante de la culture en marche : combien de réflexions, d'écrits clandestins ont éclairé notre monde ?

Galilée, Copernic...

Oui, notre culture en marche a besoin de la collaboration de tous, quel que soit son nom et son statut, et les réseaux sociaux nominatifs pourraient bien apparaître comme des freins au développement de la culture.

Ne nous contentons pas, pour réfléchir à cela, de ne regarder qu'à peine plus loin que les limites de notre jardin : nous sommes nombreux à vivre dans des pays qui offrent de larges libertés, mais encore plus nombreux dans des pays où ce n'est absolument pas le cas.

Ces réseaux sociaux nominatifs sont des outils d'exclusion vis à vis de toute personne qui, pour des raisons vitales, ne doit apparaître sous son nom, être désignée, géolocalisée... sous peine de devenir une proie.

Que tous les parents réfléchissent bien à cela...

Réseaux mondiaux, à l'audience mondiale et qui nécessitent, pour leur développement financier (qui est absolument leur unique préoccupation), la « participation » de « tous », ils veulent imposer à « tous » les conditions qui leur offrirons les meilleures chances d'optimiser leur propre développement.

Nous avons vu que ces conditions présentent de très graves inconvénients et auront des effets collatéraux regrettables.

Il nous appartient à tous, à chacun, de faire en sorte que les contraintes néfastes que veulent nous imposer ces réseaux sociaux et qui présentent des menaces fortes pour nos libertés et pour la démocratie ne soient pas, ne soient plus mises en œuvre.

Il faut donc appliquer aux sociétés Google et Facebook des pressions telles qu'elles reviendront sur leurs décisions et nous seuls, les utilisateurs ou utilisateurs potentiels de leurs services, pouvons exercer ces pressions.

Il existe pour cela diverses possibilités : supprimer les comptes déjà créés, ne pas s'inscrire, faire connaître par différentes voies notre désaccord...

Il me semble finalement qu'une campagne très simple, peu contraignante pour chacun mais au potentiel d'efficacité élevé pourrait être facilement mise en œuvre au niveau mondial.

Il suffirait que nous, inscrits sur l'un ou l'autre de ces réseaux, soyons très nombreux à diffuser une image montrant notre refus des contraintes aujourd'hui imposées.

Je propose cette image dont j'admettrai volontiers la piètre qualité graphique...

Elle comporte des mentions en français, anglais, allemand, espagnol, italien, norvégien, polonais, portugais, hollandais et suédois.

Afin de faciliter le travail de toute personne qui souhaiterait se lancer dans une création graphique de qualité supérieure à la mienne voici les éléments de texte utilisés, dans l'ordre des langues citées.

Je suis
I am
Ich bin
Yo soy
Sono
Jeg
Jestem
Estou
Ik ben
Jag är

Pour la liberté et la démocratie je dois conserver mes différentes identités sur les réseaux sociaux
For freedom and democracy I must keep my several names on social networks
Für Freiheit und Demokratie muss ich meine verschiedenen Namen in sozialen Netzwerken zu halten
Por la libertad y la democracia, debo mantener mis varios nombres en las redes sociales
Per la libertà e la democrazia devo mantenere la mia diversi nomi sui social network
For frihet og demokrati må jeg holde mine flere navn på sosiale nettverk
O wolność i demokrację Muszę zachowywać moje kilka nazw w sieciach społecznościowych
Pela liberdade ea democracia, devo manter a minha vários nomes em redes sociais
Voor vrijheid en democratie ik moet mijn verschillende namen op sociale netwerken
För frihet och demokrati måste jag hålla mitt flera namn på sociala nätverk

ici, here, hier, aquí, qui, her, tutaj, aqui, hier, här :
ailleurs, somewhere, auch, también, anche, også, również, também, ook, också :
et aussi, and too, und auch, y también, e anche, og også, a także, e também, en ook, och även :

Toute autre traduction sera la bienvenue.

J'ai pour ma part remplacé l'une des quelques dizaines de photos présentes sur mon profil Facebook par cette image et je remplacerai chaque jour où je pourrai me connecter une de mes photos par cette même image, à moins qu'il en apparaisse d'autres de la même nature qu'on voudrait me prêter.

Mon profil Facebook

mercredi 27 juillet 2011

Google+, optimum économique contre stagnation politique et sociale

Nous pouvons constater que des réflexions sont en cours afin de permettre à chacun de ne pas être tracé dans ses moindres actes sur le Net à des fins publicitaires.

« Internet privacy controls challenge tech industry »

« The federal government has put Google, Microsoft, Apple and other technology companies on notice: Give consumers a way prevent advertisers from tracking their movements across the Web - or face regulation. »

Le fait que des réseaux comme Google + (et Facebook de façon moindre et contournable) montrent plus qu'une forte insistance pour que chacun s'inscrive sous sa « véritable identité » ne répond pas à quelque souhait d'instiller dans notre monde des pratiques qui le rendraient plus agréable à vivre, plus « juste » plus favorable à un meilleur devenir social ou politique.

Affirmer cela répond à plusieurs observations.

D'abord l'intérêt de ces sociétés consiste d'abord et avant tout à développer leur commerce.

Soigner cet intérêt c'est évidemment faire en sorte que chaque élément de donnée concernant chaque personne et stocké dans un « data center » de ces sociétés puisse devenir une source de revenu pour cette société.

Pour que chaque élément de donnée personnelle puisse prendre la valeur attendue il est indispensable de pouvoir regrouper toutes les données concernant une seule et même personne sous une même « étiquette » : cette étiquette est le « nom ».

Une personne qui disposerait de 4 identités (« noms ») différentes, totalement dissociées les unes des autres, et qui animerait sous chacune de ces identités un blog différent consacré à ses goûts, en gastronomie, pour les automobiles, les lieux de vacances et le cinéma apparaîtrait à ces entreprises comme quatre personnes différentes.

Elles seraient assurément en mal de faire à cette personne des propositions commerciales « optimisées » pour l'ensemble de ses goûts (un lieu de vacances où l'on déguste ce qu'elle aime, où l'on peut louer son véhicule de prédilection et proche d'un complexe cinématographique...).

L'optimum d'efficacité ne serait donc pas au rendez-vous pour ce sociétés.

Mais nous inscrivons-nous sur les réseaux « sociaux » dans le but qu'on puisse nous proposer des publicités plus ou moins finement ciblées ?

Vraiment plus ou moins car FB s'obstine à me proposer une marque de chaussures que, pour cause de cette insistance, je suis fermement décidé à ne jamais acheter, ceci en dépit des très nombreuses fois où j'ai effacé cette publicité avec la mention « inintéressante » …

Nous nous inscrivons sur les réseaux sociaux pour mille motifs qui n'ont aucun rapport avec l'espoir de recevoir de la publicité « correctement ciblée ».

Et chacun dans le monde pourra juger utile, indispensable, inutile, nuisible... d'être présent sur un tel réseau : il existe donc a priori un degré de liberté, celui « d'en être » ou non.

Il est tout à fait envisageable que l'un de ces réseaux devienne « LE » réseau mondial, celui qu'une énorme majorité aura plébiscité.

Faut-il vraiment accorder foi aux sondages ?

Mais « 50 Percent Will Abandon Facebook for Google+, Poll Finds »

Un seul réseau, ou que le monde soit partagé entre deux réseaux de même type aux objectifs identiques (leur propre rentabilité) réduisant quasiment à néant toute autre solution, toute autre tentative d'établir des réseaux concurrents ne répondant pas aux mêmes objectifs et n'imposant donc pas les mêmes contraintes, notamment celle de s'inscrire sous son nom d'état civil.

A néant ou à une confidentialité extrême qui rendrait comparables ces réseaux satellites à des ilots qu'on ne pourrait atteindre qu'au prix d'un long voyage (recherches approfondies sur le Net) pour finalement arriver dans un lieu très dépeuplé.

Un peu comme si un ou deux opérateurs se partageaient les communications mondiales, décidant de qui pourrait « en être » ou non, réduisant les autres à l'usage du tam tam, les autres : des minorités.

Car bien évidemment aucune de ces sociétés ne rejettera une majorité de ses « clients » potentiels et l'on peut s'attendre à ce que Google, aujourd'hui contesté, assouplisse quelque peu ses « règles » mais en conservant le pivot du « nom » officiel.

Nous avons aussi vu le rôle très important qu'ont pu jouer Facebook et Twitter lors du « printemps arabe » en particulier, pour ne rappeler qu'un exemple où ce rôle fût majeur et positif.

Sachons tous que si les gouvernements de ces pays avaient eu le réflexe de surveiller avec une grande attention ces deux réseaux les choses auraient été nettement plus difficiles et périlleuses pour les opposants, avec peut-être pour conséquence une impossibilité de lancer ces mouvements salutaires.

Les réseaux FB et TW ont donc été des outils au service de la tentative de ces peuples de se libérer d'oppressions qu'aucun d'entre nous ne souhaite subir bien évidemment, mais outils auxquels nous serions tous heureux de pouvoir recourir si nous espérions nous libérer d'un joug insupportable.

Des outils au service de la liberté, de la démocratie probablement aussi.

FB et TW ont permis des communications sous le couvert d'anonymats plus ou moins poussés, mettant ainsi leurs auteurs à l'abri de représailles qui auraient pu être immédiates et violentes.

Cela serait-il encore possible sur des réseaux qui seraient parvenus à bannir tout anonymat ?

Google annonce clairement son intention de procéder à un tel bannissement, ce qui fait du réseau « social » Google + un outil de stagnation politique et sociale.

Mais les « printemps » d'ici ou d'ailleurs ne sont pas tout : qu'en est-il des personnes qui ont un besoin réel d'utiliser le Net et d'y être connues, cela sous un pseudonyme qu'il serait extrêmement difficile de relier à leur état civil véritable ?

Eventuellement se faire connaître sous diverses identités différentes juste afin d'exercer des libertés parfaitement légales mais qui peuvent présenter certains dangers (opinions politiques, religieuses, orientations sexuelles... par rapport à l'employeur, au voisinage...).

Pour ces personnes le réseau Google+ deviendra évidemment un outil d'exclusion sociale.

A ce propos les fameuses réflexions en cours évoquées au début de cet article devraient également comporter une réflexion sur ce qui peut être ou non rendu public par les opérateurs de réseaux et qui découle des recoupements effectués à partir des données plus ou moins disparates qui leurs sont accessibles.

On pourra constater sans cela des « outings » (expression à étendre à toutes sortes de comportements bien entendu) aux conséquences regrettables, qui seraient des atteintes majeures aux personnes.

Nous constatons donc que ces « machines sociales » (des robots, en fait, et rien de plus) peuvent facilement agir à l'encontre d'un développement équilibré de nos sociétés, d'un « confort social » que nous souhaitons tous, et cela à cause de leur rigidité.

Tout lecteur d'Isaac Asimov (et il doit y en avoir chez Google et Facebook) doit connaître les « 3 lois de la robotique » :

  • 1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
  • 2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
  • 3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Or les robots qui exigent de connaître notre état civil et de pouvoir le publier portent tort à des être humains et par la même à l'ensemble de l'humanité, car l'humanité est un ensemble indissociable.

Il est donc de la plus grande importance que ces robots soient révisés de façon telle que les torts dont ils pourraient être aujourd'hui la source ne puissent en aucun cas se manifester.

Comment parvenir à ce résultat ?

Je ne vois qu'une seule solution : appliquer une pression telle aux entreprises qui mettent en œuvre ces robots qu'elles renonceront à la rigidité qu'elles veulent nous imposer.

Cette pression peut essentiellement être appliquée par la non adhésion à ces systèmes, pour qui n'y serait pas inscrit, ou à la clôture du compte, et plus particulièrement du compte Google+ car l'on constate de la part de cette société un niveau de rigidité tel que seule une action massive pourra la contraindre à revenir à plus de raison (sociale, bien entendu...!).

A moins que l'on me propose de meilleures formes d'action, plus efficaces ?

mardi 26 juillet 2011

Les dérives de Google et notre rigueur intellectuelle

Une vague de protestation est née sur le Net en réponse à la volonté de Google d'obtenir nos données nominatives « exactes » pour toute inscription sur G+.

Mais qu'est-ce exactement que mon « nom » ?

C'est d'une part la mention portée dans la case « nom » de mon état civil officiel mais tout autant le pseudonyme par lequel je suis connu de certaines personnes et, dans certains pays, l'usage avéré au fil du temps d'un pseudonyme (ne figurant pas à l'état civil) est reconnu de façon très officielle, permettant de nombreuses utilisations, jusqu'à une identification bancaire.

C'est dire que dans certains pays des personnes peuvent disposer de plusieurs « noms » qui les désignent véritablement, « officiellement ».

On lira avec intérêt « Google's gormless 'no pseudonym' policy »

Extrait :

« Additionally, under United States common law (not sure about other countries), once a person begins using a particular name "consistently, openly and non-fraudulently, without interfering with other people's rights", it becomes a legal name. Further, pseudonym use is also permitted for legal and business activities, activities that include (but are not limited to) filing taxes, filing a lawsuit -- or even appearing in court using their pseudonym. »

On constate qu'en exigeant les dénominations portées à l'état civil Google enfreint les lois de son pays, puisque un pseudonyme peut y être légalement utilisé pour toutes sortes d'activités, même une comparution en justice.

Quel que soit le pays une personne peut avoir acquis sa réputation au travers d'un pseudonyme, et mille raisons militent pour que cette possibilité existe : cela peut être une nécessité vitale dans bien des cas, n'omettons pas de le souligner.

Pour ma part lorsque je tentais de vivre de la sculpture je signais « jcm » : si la renommée m'avait atteint je n'aurais pas le droit d'avoir un compte Google sous le « nom » par lequel je serais (peut-être mondialement...) connu ?

Mais qui sont gens (on serait tenté de les appeler "ces jean foutre"...) et de quels droit décideraient-ils de ce qui serait le plus susceptible de me représenter ?

De façon très nette Google défend ses propres intérêts et non les intérêts de ceux qui génèrent leurs profits (nous tous ou presque), allant jusqu'à agir à l'encontre des intérêts de ceux qui lui accordent confiance.

Notons au passage que Google a une très mauvaise conception de ses intérêts car il n'a visiblement pas mesuré la portée de ses décisions et la contestation qu'elles entraîneraient.

Pouvoir se présenter sous un pseudonyme est un impératif vital, et tout système qui ne le permettrait pas mais pourrait devenir un outil majeur du Net, éventuellement un quasi monopole demain (et l'on peut se poser la question au sujet de Google), deviendrait un outil liberticide et antidémocratique car offrant trop de prise à toutes sortes de répressions, et ne permettant par conséquent pas la dispersion d'idées « contestataires » sans une prise de risque personnel démesurée dans de nombreux pays.

Car cet outil aurait plongé dans l'oubli tous les autres outils remplissant des fonctions comparables et permettant l'anonymat.

Il y a plus : Google, qui a un besoin vital de la confiance de chacun (sans laquelle il n'existerait pas) se permet de détruire les données personnelles qu'on lui a confiées sans le moindre préavis et sans justification... un comble, pourtant écrit en toutes lettres dans ses « conditions de service » !

J'ai exposé cela dans trois articles portés à la connaissance de tous :

« Soyons honnêtes : Diaspora, pas FB ni Gogol Plus ! »

« Présent sur Gogol plus ? Complice des dictatures présentes et à venir ! »

« Google contrevient-il à la Déclaration Universelle ? »

Puis j'ai participé à la contestation des décisions de Google en proposant en commentaires d'articles au sujet de Google+ des liens notamment vers certains de mes articles.

On en trouvera parfois mention sur ma page publique de diasp.org.

La publication de ces commentaires ainsi que les réactions de diverses personnes à mes articles m'ont conduit à quelques surprises.

Bien que supposant que ce type de position critique pourrait ne pas être du goût de Fred Cavazza (j'avais il y a quelques années laissé sur son blog des commentaires qui n'avaient pas franchi le stade de la validation et ces commentaires, non injurieux, montraient une opposition aux thèses avancées par l'auteur : peut-être n'avaient-ils pas le degré de pertinence que je leur supposais ?) j'ai déposé un commentaire à son article « L’avenir de Google+ se dévoile »

Ce commentaire a été validé en quelques heures.

Fred Cavazza admet donc que l'on puisse émettre une opinion critique sur un sujet qui, d'une certaine façon, fait son « fond de commerce » et je suppose qu'il n'a pas validé à la légère ce commentaire, lui reconnaissant donc une certaine pertinence.

J'ai également commenté une page assez comparable d'un autre site traitant « d'emarketing », article d'Isabelle Mathieu intitulé « A Quel Rythme Google+ Est-Il En Train De S’agrandir ? »

Ma contribution n'a pas franchi le stade de la validation.

C'est dommage, consolons-nous en constatant que ce site est moins reconnu que « Medias Sociaux » (516 tweets, 22 mentions FB contre 61 tweets et 9 mentions FB).

Plus ironique ma participation à l'article de Heather Mansfield « Google+ Best Practices for Nonprofits »

Ce site conseille les organisations non gouvernementales « non profit » dans l'utilisation des médias sociaux : il convenait peut-être d'alerter cette personne sur les dangers que présentent certains médias et qu'elle n'aurait pas détecté ?

Mais...

« July 25, 2011 6:09 am
Please Note: Your comment is awaiting moderation. »

Les commentaires suivants, validés, sont plus tardifs que le mien : ce dernier a donc été vu et n'a pas été accepté.

Le mien commençait ainsi, assez direct il est vrai :

« Very surprising for a “non profit” site to encourage people tu use services from the most important “self profit” oriented company !
The most surprising is that Google’s system is a big potential danger for freedom and democraty, and a big danger for everybody too.
 »

Suivaient des liens vers mes deux derniers articles.

J'admets que mon expression anglaise ne frise pas la perfection mais est-ce bien là le véritable motif de non publication ?

Dans les dernières lignes de mon dernier article j'avais bien envisagé que des personnes se garderaient bien de relever les défauts de Google, puisque c'est un de leur « fond de commerce », cela se vérifie donc et qu'importe si ce « fond de commerce » comporte des aspects véritablement malsains !

De même que l'inscription à Google+ de personnes connaissant pourtant bien les dangers de ce système, la non publication de ces commentaires pointant les failles graves du système pourrait bien référer à ce phénomène de « dissonance cognitive » identifié chez l'humain et quelques animaux, qui veut que l'on « adapte » ses points de vue (et que l'on conduise ses actes en conséquence) afin de construire une sorte de nouvelle rationalité nous permettant d'agir à l'inverse ce que vers quoi nos opinions nous portaient précédemment.

Réponse à une « injonction contradictoire » ou « injonction paradoxale » ou « double bind » , qui appartient à notre « vocabulaire comportemental » et dont il convient de connaître l'existence.

Car chacun de nous pourra prétendre à ses opinions, dont on supposera qu'elles sont construites sur une réflexion personnelle aspirant à une certaines objectivité, les défendre en tant que telles et les présenter comme l'émanation d'une démarche rigoureuse.

Or nous sommes tous soumis, dans une très grande variété de situations, à la tentation de faire ceci ou cela qui ne serait pas « bon » (pour soi, pour d'autres ou pour tous...), conduits à céder à cette tentation et par conséquent à trouver une justification dont nous savons au fond très bien qu'elle n'est pas défendable.

Et parfois nous ne savons pas nous défaire des mauvaises raisons par lesquelles nous justifions ceci ou cela : j'en suis conscient, comme fumeur... qui ne considère pas vraiment que ce soit une bonne chose !

Le manque de rigueur intellectuelle nous guette donc tous, à chaque pas et chaque instant.

Connaître certains des mécanismes par lesquels il se manifeste peut aider à le contrer, sans garantir aucun succès systématique...

dimanche 24 juillet 2011

Google contrevient-il à la Déclaration Universelle ?

On lira ici la Déclaration universelle des droits de l'homme

Ne confiez à Google que ce dont la perte ou la disparition ne vous causerait ni peine, ni ennui, ni problème.

C'est la leçon que l'on peut tirer de deux histoires.

Bref résumé de la première : un enfant de 10 ans utilise un compte de courrier électronique Gmail depuis 2ans.

Il s'inscrit sur Google + et entre son âge réel : l'ensemble de sa présence sur Google est immédiatement effacée, son compte Gmail est annulé.

L'accès à Google + n'est pas admis aux moins de 13 ans. « Behave on Google Plus or Your Gmail Gets It »

La seconde histoire est un peu plus longue, c'est celle d'un étudiant qui accordait une pleine confiance à Google au point d'avoir transféré toutes les données accumulées au fil des années sur divers services de plusieurs opérateurs vers les services de Google.

« 7 années de correspondance, environ 4 800 photos et vidéos, messages Google Voice, plus de 500 articles utiles pour mes études collectés depuis Google Reader... marque pages », l'ensemble des contacts, plannings et calendriers et une foule d'autres données, certaines étant partagées pour des motifs d'études ou de travail... disparurent du jour au lendemain et a priori de façon définitive pour un motif encore ignoré, excepté le fait que leur possesseur a reçu de la part de Google un message automatique lui indiquant qu'une « violation avait été détectée ».

Aucune démarche ne lui a permis de récupérer l'accès à son compte ni même ses données.

« Dear Google,
I would like to bring to your attention a few things before I disconnect permanently from all of your services.
 »

Que dit la Déclaration universelle des droits de l'homme ?

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Il n'est pas précisé « sûreté physique » : chacun a droit à son entière sûreté, dans toutes les dimensions que peut prendre le mot « sûreté ».

Cette « sûreté » peut être liée dans certains de ses aspects à la possession de certains documents, on prendra l'exemple d'une personne demanderesse d'asile et dont l'acceptation de la demande dépendrait de documents stockés sous forme informatique.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Il n'est pas non plus précisé que la « propriété » serait celle de biens strictement matériels : cet article concerne donc également les biens immatériels.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

Aucune restriction sur ce que peuvent être une « opinion » (ni fond ni forme ne sont définis ni encadrés par cette déclaration), une « expression » ou une « idée ».

Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

« prendre part librement... participer »

La protection des intérêts moraux et matériels est indissolublement liée à la pérennité de chacune de ces production, et donc à leur existence dans la durée.

Article 29

2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

Seule « la loi » permet la limitation de quoi que ce soit.

Dans ce texte le terme de « loi » n'est pas défini et l'usage qui en est fait montre qu'il désigne « la loi en vigueur » dans la juridiction considérée.


Examinons les affaires exposées en préambule.

Dans les deux cas on retiendra que les courriers électroniques (qui peuvent véhiculer des expressions, opinions, idées, photos, vidéos, dessins... soit une grande variété de « contenus ») sont en eux-mêmes des « œuvres de l'esprit », des « biens immatériels » et appartiennent donc aux domaines embrassés par la Déclaration.

Il en sera de même pour l'ensemble des données « perdues » par notre étudiant.

Nous avons vu que la Déclaration n'admet aucune restriction, aucune privation, aucune destruction de ces biens hormis au cas où « la loi » interviendrait, loi qui par ailleurs devrait être conforme à l'ensemble du texte de cette déclaration, ce qui lui laisse comme seule marge d'appréciation la limite que fixeraient les exigences notées ci dessus (de la morale, de l'ordre public et du bien-être général ).

Dans les deux cas ces personnes ont accordé une telle confiance aux services mis à disposition par Google qu'elles ont pu penser que leurs données se trouvaient en sécurité dans la durée.

Ont-elles lu avec toute l'attention requise les « Conditions d'utilisation Google » http://www.google.com/accounts/TOS ?

Il y est bien précisé ceci :

4.3 Dans le cadre de cette recherche constante d'innovation, vous reconnaissez et admettez que Google peut cesser (provisoirement ou définitivement) de mettre à votre disposition ou à celle des utilisateurs en général ses Services (ou certaines fonctionnalités de ces Services), à sa seule discrétion et sans préavis.

Tout ce que vous pourrez avoir confié aux services susvisés de Google pourra donc être annulé, détruit ou inaccessible.

13.3 À tout moment, Google peut mettre fin à l'accord légal conclu avec vous si l'un des cas de figure suivants se présente :

(A) vous avez enfreint les dispositions des présentes Conditions, ou vous avez agi d'une façon qui indique clairement que vous n'avez pas l'intention de vous conformer à ces dispositions ou que vous ne pouvez pas vous y conformer ;

Quelles sont les caractéristiques pouvant "indiquer clairement" ceci ou cela ? Comment sont-elles déterminées, comment sont-elles détectées et la façon dont elles sont détectées est-elle d'une fiabilité parfaite ?

(D) Google est en phase de transition et ne va plus fournir les Services aux utilisateurs de votre pays de résidence ou du pays depuis lequel vous utilisez les Services ;

Même remarque que § 4.3

(E) la mise à votre disposition des Services par Google n'est plus viable d'un point de vue commercial selon Google.

Même remarque que § 4.3

15.1 CONFORMÉMENT AUX DISPOSITIONS GÉNÉRALES ÉNONCÉES AU PARAGRAPHE 14.1 CI-DESSUS, VOUS RECONNAISSEZ ET ACCEPTEZ QUE LA RESPONSABILITÉ DE GOOGLE, DE SES AFFILIÉS ET FILIALES ET DE SES CONCÉDANTS DE LICENCE NE SAURAIT ÊTRE ENGAGÉE VIS-À-VIS DE VOUS POUR :

(A) TOUT DOMMAGE DIRECT, INDIRECT, FORTUIT, SPÉCIAL, CONSÉCUTIF OU EXEMPLAIRE, QUELLE QUE SOIT LA MANIÈRE DONT IL A ÉTÉ CAUSÉ OU LA RESPONSABILITÉ INVOQUÉE, Y COMPRIS ET SANS LIMITATION, LES PERTES DE PROFITS (DIRECTES OU INDIRECTES), LES PERTES DE RENOMMÉE OU DE RÉPUTATION, LES PERTES DE DONNÉES QUE VOUS ÊTES SUSCEPTIBLE DE SUBIR, LES COÛTS DE FOURNITURE DE BIENS OU DE SERVICES DE SUBSTITUTION OU TOUTE AUTRE PERTE NON MATÉRIELLE ;

Et dans tous les cas vous n'aurez rien à dire, à aucun point de vue.

Que signifient ces conditions ?

Il faut clairement et sans la moindre ambiguïté déduire de la lecture de ces quelques lignes que Google ne prétend à aucun instant fournir des services fiables, que des fonctionnalités peuvent être désactivées de façon soudaine, des comptes peuvent être suspendus pour diverses raisons...

En somme c'est un peu comme si Google mettait à notre disposition des véhicules à conduite automatique en partie gérés par des « driving centers » (centrales de pilotage) en nous informant que le moteur peut soudainement se détacher, la batterie prendre feu, l'usage du service logiciel peut vous être retiré car non rentable ou pour une autre raison...

Et vous confiez votre vie à ce véhicule, qui pourrait bien être soudain définitivement immobilisé car vous vous serez approché d'un lieu que « le système » aura considéré comme inapproprié (petit « plantage » informatique dont vous ne serez évidemment pas responsable, sur lequel vous ne recevrez aucune information, dont les dommages à vous causés ne seront pas indemnisés, dont les conséquences seront définitives, irrévocables...).

Mais vous aurez signé.

Effectivement si les termes de ces conditions sont clairement exposés et si vous avez signé vous devrez retourner sereinement chez vous sous la pluie battante en n'émettant de reproches qu'à votre encontre.

C'est aussi ce que l'on peut dire en ce qui concerne nos deux personnes citées plus haut.

Cependant peut-on raisonnablement penser qu'un enfant de 10 ans aura lu et compris l'ensemble des « conditions de service » ?

Pour ce qui concerne notre étudiant il avait visiblement énormément de données d'une grande variété stockées sous son compte dans les ordinateurs de Google.

Il avait défendu et utilisé l'ensemble des services proposés par cette compagnie, les supposant très fiables, leur confiant une très large part de ce qui constitue « son identité » car cette dernière ne se réduit ni à l'aspect de notre visage, ni à la forme de nos doigts de pied ou autre trait de caractère.

Il a perdu toutes ces données pour une raison qui ne lui a pas été fournie, qui ne tenait visiblement pas aux conséquences d'une décision de justice, qui pouvait tout devoir à une faille du système de détection des « violations des termes de service » susceptible de se manifester au détriment de chacun si elle n'a pas été détectée et réparée.

Notre étudiant a visiblement eu tort de ne pas effectuer une sauvegarde systématique de ses données et d'accorder ce haut niveau de confiance à Google.


Mais alors se posent d'autres questions assez graves sur le seul fait d'utiliser les services de Google.

Car cette compagnie nous incite tous à utiliser ses services à tous propos, elle promeut par ailleurs avec une grande efficacité l'utilisation de son « cloud » comme moyen de stocker nos données, jusqu'au plus personnelles, jusqu'à promouvoir un ordinateur minimaliste, le « Chromebook », qui ne serait en fait guère plus qu'un navigateur internet devant être connecté en permanence à ce fameux « cloud » pour être fonctionnel.

Si nous souscrivons à l'idée que nos données, toutes nos données, « créations », élucubrations ou quoi que ce fût puissent être préférentiellement stockées sur le « cloud » de Google cela induit une suspicion de fiabilité à propos de ce « cloud » : il doit nous assurer autant un stockage qu'un accès fiable, aussi bien aujourd'hui que demain ou après demain.

Cette suspicion de fiabilité renvoie à une pure illusion si l'on se réfère aux « conditions de service » de Google, qui nous affirment qu'il ne faut en attendre aucune.

Il y a donc de la part de Google comme une sorte de double langage contradictoire : utilisez nos services mais ne vous attendez en aucun cas à ce qu'ils vous rendent les services que vous attendez, de façon systématique et pérenne.

Ne connaissant pas l'ensemble des services de Google je peux également supposer que certains pourront utiliser des formats informatiques à ce point particuliers que les données seront formatées de façon telle qu'aucun logiciel ne pourrait les utiliser.

Si tel était le cas il ne devrait pas être admis que Google puisse suspendre un tel service, ou en priver qui que ce fût pour quelque raison que ce soit hormis une décision de justice, sous peine de contrevenir de façon très directe avec la Déclaration Universelle, car cela provoquerait la destruction d'un « bien immatériel » appartenant au titulaire des comptes concernés.

Parallèlement à cette suspicion de fiabilité il existe une incitation forte à la confiance dans l'intérêt qu'aura chacun à utiliser les services de Google : devrait-on vraiment utiliser un service dans lequel on n'aurait qu'un très faible niveau de confiance ?

En fait si l'on voulait vraiment rendre compatibles la Déclaration Universelle et les « conditions de service » de Google il faudrait que soit clairement mis en relief sur chacun des services proposés par la firme le fait qu'il peut être suspendu à tout instant pour une multitude de motifs et qu'un bouton à l'intitulé très explicite (« avant de quitter cette page téléchargez vos données ») figure sur chaque page, associé à une bulle d'aide expliquant (de façon compréhensible à un enfant de 10 ans) que l'ensemble des données associées au compte peuvent être détruites à chaque instant et sans préavis.

Bien entendu il faudrait que divers formats de téléchargement soient proposés afin d'obtenir une compatibilité avec des logiciels destinés à traiter ce type de données.

Il ne semble toutefois pas que cette disposition pourrait régler le cas d'un « bien immatériel » en propriété collective par exemple élaboré sur un tableur partagé par divers utilisateurs.


Le clou(d) de l'affaire

Mais alors si chacun doit, pour sa propre sécurité, sauvegarder systématiquement l'ensemble de ses donnés sur son propre système informatique quel est donc l'intérêt réel du stockage en « cloud » ?

Certes pouvoir disposer de ses données quel que soit l'ordinateur utilisé, avec pour seule contrainte celle de se connecter à un compte et avoir la certitude de les retrouver en tous lieux, en tous temps.

Mais cette certitude n'est en aucun cas assurée par Google, nous l'avons vu.

En outre et à l'examen de mes divers usages de l'informatique il m'est inconcevable de confier à quelque « cloud » que ce soit l'ensemble de mes « données », pour diverses raisons.

Aucun intérêt à le faire quand je transfère plusieurs Go de mon appareil photo à mon ordinateur, aucun intérêt à devoir utiliser un logiciel Google pour traiter ces photos, aucun intérêt à assurer leur stockage définitif sur le « cloud » plutôt que sur mes propres disques, par contre un grand intérêt pour la planète à ce que j'agisse ainsi car moins je transfère de données au « cloud » moins je dépense d'énergie pour rien.

Et l'on sait que la consommation en énergie des « data centers » devient un enjeu de taille.

A bien y regarder l'interêt du « cloud » est finalement assez réduit par rapport à de nombreux usages et le « Chromebook », s'il devait se généraliser, pourrait bien devenir un acteur néfaste dans le panorama énergétique et climatique.

Hormis que :

11.1 Vous conservez les droits d'auteur et tous les autres droits en votre possession vis-à-vis du Contenu que vous fournissez, publiez ou affichez sur les Services ou par le biais de ces derniers. En fournissant, publiant ou affichant du contenu, vous accordez à Google le droit permanent, irrévocable, mondial, gratuit et non exclusif de reproduire, adapter, modifier, traduire, publier, présenter en public et distribuer tout Contenu que vous avez fourni, publié ou affiché sur les Services ou par le biais de ces derniers. Cette licence a pour seul but de permettre à Google d'afficher, de distribuer et de promouvoir les Services et peut être révoquée pour certains Services, selon les dispositions des Conditions supplémentaires de ces Services.

L'intérêt du « cloud » n'est donc pas négligeable pour tout le monde !

Sans forcer le trait le sympathique Google vous informe donc que :

  • vous avez le plus grand intérêt à utiliser ses services, et même à y confier / transférer tout ce qui peut vous concerner
  • vous ne devez absolument rien attendre de Google en terme de fiabilité et ce quelque soit le service que vous utilisez
  • vous pouvez être privé sans préavis de l'accès tant aux services que vous utilisiez qu'aux données confiées,
  • pour une variété de motifs explicites ou non les décisions de Google sont a priori irrévocables…

Et vous y allez comme un seul homme ?


Quel est votre niveau d'instruction et celui de votre pratique informatique ?

J'ai plongé dans l'informatique il y a 40 ans (ah... le Fortran 4...) et bénéficé d'un niveau d'étude qui n'est pas partagé universellement dans le monde tandis que les services Google y sont accessibles partout.

Cela signifie que si je connais l'intérêt de faire l'effort de lire les « conditions de service » et si je sais à peu près les décrypter et en tirer des conclusions utiles ce ne sera peut-être pas le cas de tous les utilisateurs potentiels de ce genre de service.

Or j'ose encore m'imaginer que chacun, quel que soit son niveau d'études, a droit à la préservation de ses intérêts élémentaires, au nombre desquels on trouvera aujourd'hui la préservation de sa correspondance (qui peut contenir des éléments vitaux) et de ses divers « biens immatériels » qui peuvent se présenter sous forme de données informatiques, et ce quel que soit son degré d'instruction et de conscience vis à vis de certains aspects des choses.

L'implication de cela est que ni Google ni aucun autre opérateur ne devrait avoir, quel que soit le pays du monde, le droit de détruire un compte et les données associées, ou de bloquer l'accès à un compte sans qu'une décision de justice soit prise en bonne et due forme.

Cela fait partie du contrat implicite de confiance que ces entreprises veulent lier avec leurs clients, au delà des « conditions de service », pourtant écrites et a priori accessibles à tous.

Par ailleurs la durée de vie de chaque compte devrait être assurée pour « l'éternité », la transmission assurée aux ayants droit tant des identifiants d'accès que des données, car la forme actuelle d'émission et de conservation des données est passée du papier au format informatique.

Une telle clause devrait être ajoutée dès aujourd'hui à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Si le « cloud »doit vraiment être l'un des moyens de stockage des données au détriment des stockages décentralisés ou sur supports personnels, la nécessité de cette pérennité devient absolue, à moins de devoir renier des pans entiers de ce qui fait notre culture d'aujourd'hui puisqu'elle peut être gommée sans prévenir sous l'effet d'une décision technique, commerciale ou de tout autre ordre arbitraire.

La valeur que l'on accorde à un document autographe de Balzac, Hugo, Spinoza... et tant d'autres est tout à fait réelle et l'on pourra voir à quels débats donne lieu la question de rendre publics les manuscrits de Kafka, autant de « documents papier ».

Cela sera maintenant presque exclusivement sous forme informatique, pour les écrivains de demain.

Sera-t-il acceptable que les brouillons du Kafka de demain soient détruits parce-que un Google (ou quelque robot interne) en aura décidé ainsi ?

A propos qui sait si notre enfant de 10 ans ne sera pas ce Kafka de demain, ou cet étudiant ?

Si l'un ou l'autre n'était pas un nouveau Van Gogh ?

En ce qui concerne les données inaccessibles de ces deux personnes, ont-elles réellement été détruites ou Google continuera-t-il à en profiter à sa guise selon les termes reportés plus haut ?

Ce serait le comble de l'indécence.

On trouvera une foule de « consultants » plus ou moins « certifiés » Google ou autoproclamés comme tels (recherchez « consultant google », pour en avoir le cœur net) qui vous instruiront plus ou moins gratuitement des meilleurs façons de profiter des services de Google : ils ne donneront aucun avis sur ces considérations, gagne pain oblige.

Alors ne les considérez pas comme des personnes fiables !

J'ai fort l'impression que la meilleure des solutions serait de s'en tenir au minimum, car ce géant, qui n'a visiblement pas examiné de très près les implications de ses « conditions de service » hormis pour ce qui servira au mieux ses bénéfices, a omis de prendre en compte des conséquences humaines potentiellement dévastatrices de ces dites conditions.

La dernière en date : l'impossibilité de l'anonymat sur Google +.

Alors, toujours pleinement confiant ?

samedi 16 juillet 2011

Présent sur Gogol plus ? Complice des dictatures présentes et à venir !

De plus en plus d'invitations circulent pour être présent sur ce nouveau « réseau social », j'en ai reçu plusieurs et, disposant par ailleurs d'un « compte Gogol » en connexion permanente sur mon ordinateur personnel j'ai eu une surprise.

J'ai activé une de ces invitations sur l'ordinateur que j'utilise professionnellement, en utilisant un pseudonyme, et tout semblait se passer de façon satisfaisante.

Je me suis envoyé par courrier électronique les liens appropriés et j'ai cliqué depuis mon ordinateur personnel : une page s'est presque chargée puis a été très vite remplacée par la page d'accueil permettant de « demander à être prévenu » lors de l'ouverture au public de ce « service ».

Depuis j'ai lu ici et là que la firme n'accepterait pas les comptes ne faisant pas état des noms et prénoms (et autres coordonnées probablement) réels des personnes candidates à l'inscription.

Ainsi pour que Gogol vous accepte vous DEVEZ ABSOLUMENT décliner votre véritable identité, et croyez bien que ce géant dispose de pas mal de moyens pour débusquer les contrevenants, pour profiter de leur moindre erreur (un « cookie » qui traine ici au mauvais moment...), pour effectuer des recoupements d'après les données de navigation... et détruire leur compte.

Il s'imaginera bien un jour ou l'autre quelque moyen pour contourner cette obligation mais alors ce sera la lutte du pot de fer contre le pot de terre : aucune certitude que ces contournement seront efficaces pour une certaine durée.

Cette quasi impossibilité d'anonymat, ou cette éventualité d'un anonymat temporaire mais ne présentant aucune fiabilité, propulse ce réseau au niveau d'un danger mondial pour la démocratie et l'évolution du monde vers des situations plus souhaitables que celles que l'on connaît dans la plupart des pays, même le plus « démocratiques ».

Car il existe toujours des motifs pour contester à juste titre, et malheureusement toujours des nécessités d'agir à couvert sous peine de répressions injustifiées et souvent démesurées.

Or la question qui se pose aujourd'hui autour du monde est : « qui vaincra ? ».

Qui, de FB ou de Gogol ?

Imaginons un instant que tous les comptes FB, tous les comptes Twitter etc etc... affichent OBLIGATOIREMENT les noms, prénoms, pourquoi pas adresse et autres coordonnées, de tous les inscrits, et de façon à ce que l'accès en soit facile, pour tous ou sur réquisition de quelque gouvernement.

Pensez-vous vraiment que le « printemps arabe » et autres juste mouvements de protestation auraient pu naître aussi facilement ?

Si encore il était d'une extrême probabilité que Gogol plus ne serait qu'une aventure sans lendemains je pourrais comprendre qu'on s'y inscrive sous l'emprise de la curiosité, à défaut d'avoir un peu réfléchi, mais on ne peut vraiment croire à cela.

Si demain Gogol plus écrase tous les autres réseaux car très efficace, très séduisant... et réunit des centaines de millions de participants, phagocytant peut-être Twitter et quelques autres services comment réunir des foules d'opposants à quelque insupportable tyrannie, comment faire passer de façon anonyme des informations depuis un pays en crise, comment...

En dépit du plus puissant moyen de communication qui ait jamais été imaginé, le Net, un succès massif de Gogol plus pourrait bien devenir un outil privilégié de tous les asservissements car il serait impossible d'y agir sous anonymat, et toutes les autres solutions (il en existera plus ou moins toujours) seront alors bien trop confidentielles pour réunir de façon assez large.

De ce point de vue Gogol plus est une arme de destruction massive des espoirs pour un monde meilleur.

Il en a tout le potentiel.

Je l'écris et cela ne sera jamais assez largement diffusé : il nous faut à tout prix pouvoir être aussi anonymes que possible, si la nécessité en devient impérieuse, sur tous les services les plus largement utilisés sur Internet.

Tous ces services doivent dont permettre dès maintenant un anonymat poussé.

Il en va de nos libertés à tous, dans le monde entier.

Et chacun de nous, dans le monde entier, peut s'opposer à ce que cet outil dangereux devienne un acteur majeur du Net.

En ne s'inscrivant pas.

A chacun de savoir quel prétexte trouver pour s'y inscrire malgré tout et donner une réalité palpable à ce potentiel, dont nous pourrions tous nous mordre les doigts un jour...

Et malheureusement la moindre inscription devient un atout pour cette chose...

jeudi 14 juillet 2011

Soyons honnêtes : Diaspora, pas FB ni Gogol Plus !

Des critiques sur Facebook et ses méthodes, sur les différents services de Google, maintenant sur Google Plus, chacun en trouvera à foison sur le Net.

Qu'une compagnie américaine puisse s'approprier l'ensemble de mes publications, textes, photos... et puisse les utiliser à sa guise sans que je puisse m'y opposer ne me convient pas : c'est une façon de payer très cher le « service » qu'elle rend.

Ce service est celui de mettre à la disposition de tous un outil de partage et c'est ainsi que la plupart le voient : j'adhère pleinement à l'idée de partager des idées, des lectures, des tranches de vie...

C'est en réalité aussi le moyen de s'approprier pour vraiment pas cher un ensemble « d'oeuvres de l'esprit » que sont chacune de nos « créations », fussent-elles composées d'un seul mot dans un message.

C'est surtout accumuler un ensemble de données pouvant être mises à profit pour générer des flux financiers, a priori principalement au travers de la publicité.

Mais ce n'est peut-être pas tout : que peut-on imaginer vendre si l'on dispose d'un très grand nombre de données personnelles sur un très grand nombre de personnes, quand on sait trier ces données avec beaucoup d'efficacité, les croiser pour faire apparaître des tissus de relations, entre individus, entre faits... ?

On peut imaginer beaucoup, et dans le monde actuel où fleurissent les tendances « sécuritaires », où diverses crises menacent, financière, climatique donc financière, énergétique donc financière... et par rapport à ce que l'histoire nous a mille fois appris (les temps de crises sont favorables aux replis, à des excès de toutes sortes que l'on n'aurait pas imaginés en périodes plus limpides, et à des conséquences fréquemment dramatiques...) il pourrait être fort imprudent de confier à des tiers dans lesquels nous n'aurions qu'une confiance très limitée (ce qui est assez généralement le cas vis à vis des entreprises multinationales, susceptibles d'être soumises à de nouvelles règles de droit que nous n'aurions pas votées) un ensemble de données trop précises nous concernant.

En 1930 qui aurait imaginé la Nuit de Cristal et ce qui s'ensuivit ?

Si un violent repli des Etats Unis sur leur questions intérieures, avec une forte poussée des républicains les plus durs, un protectionnisme durci... se produisait ne serait-il pas envisageable qu'ils pourraient souhaiter mettre à profit ces trésors de données, les exploitant jusqu'à plus soif et peut-être pas du tout dans notre intérêt ?

Même sans aller au pire, en utilisant Facebook ou Google Plus nous savons tous que nous alimentons en données juteuses des entreprises qui feront tout, sur la base de ces données, pour que nous soyons toujours et encore plus d'excellents clients si possible captifs pour acheter finalement... n'importe quoi pourvu que cela se vende.

Utilisateurs de Facebook ou Google Plus nous sommes tous à la fois un tout petit rouage de gigantesques « machines à pub » (qui ne fonctionneraient pas si bien si elles n'avaient pas énormément de rouages) et un panneau publicitaire virtuellement ambulant !

Nous sommes les petites mains gratuites et consentantes de ces énormes machines à finances (et nous ne verrons pas la couleur des fruits !) qui, même si elles s'équipent ici et là de panneaux solaires, n'œuvrent pas essentiellement pour que notre planète devienne plus vivable : quelques pour cent de greenwashing, mais l'essentiel des flux est du business as usual.

Voyant les choses ainsi on découvre ce paradoxe assez choquant : des foules « d'écolos », de « décroissants », de personnes très critiques vis à vis de bien des choses de ce monde sont de fait des petits « rouages / panneaux publicitaires » de Facebook ou Google et alimentent grassement les circuits que bien souvent elles critiquent !

Alors cela n'apparaît pas nécessairement de façon immédiate à l'esprit de chacun : ces deux entreprises présentent leurs « services » avec assez d'habileté pour nous laisser penser que tous leurs efforts nous sont d'abord et avant tout dédiés.

Et je me suis bien sûr laissé prendre, cédant à Facebook (assez tardivement toutefois et sans courir frénétiquement à la collecte « d'amis »), envisageant Google Plus.

Depuis peu j'ai adopté un autre outil, Twitter, dont j'ai longtemps pensé qu'il était peu intéressant du fait qu'en un nombre très restreint de caractères on ne pouvait exprimer que de petites portions d'idées, soit rien.

Ce qui m'a attiré vers Twitter en fin de compte est le rôle de vecteur de liens qu'il assume très bien : on n'envoie pas des « idées » mais le bout de ficelle qui, s'il est tiré par quelqu'un, mènera vers l'expression d'une idée : un lien hypertexte.

Un fait m'a poussé à réfléchir un peu plus à ces « outils », Facebook et Google Plus : un site dont je relayais fréquemment les pages sur Facebook, site qui nous donne très régulièrement des nouvelles de très bonne qualité sur les suites de la catastrophe de Fukushima (par exemple : « #Contaminated Water Treatment System: PVC Joint Broke Off Completely in AREVA's System, in 100 to 150 Millisieverts/Hr Environment » ) était envoyé en deux clics sur ma page FB.

Depuis environ 2 jours FB me contraint, à chaque page de ce site dont je veux assurer le relais, à saisir un sale (parfois vraiment illisible !) captcha.

Pourquoi ?

Pourquoi ce site et pas la plupart des autres, et ceci quelle que soit ma façon de procéder ?

Ce site serait-il devenu « suspect » aux yeux de FB, ce qui justifierait une mesure particulière ?

Demain ne sera-t-il pas banni de toute possibilité d'apparaître sur mon mur ?

Ah pardon... ce « mur » dont FB me fait croire qu'il est mien mais qu'il ne fait que me prêter si je suis assez « sage », probablement.

Je ne puis accepter qu'il en soit ainsi : je dois pouvoir (chacun doit pouvoir) publier ce que j'estime légitime de publier et c'est mon seul jugement, en aucun cas partagé, qui doit rester maître de cela.

Je dois également pouvoir lire ce que chacun aura jugé « bon », ou « utile », ou « indispensable », ou « amusant », ou... de publier, et chacun doit également pouvoir en profiter, fusse choquant, terrifiant, laid, mensonger, stupide....

Car je veux savoir de quoi est vraiment fait le monde et j'imagine que chacun peut avoir, plus que ce souhait, ce besoin.

Si l'on ne peut pas savoir de quoi ou comment est fait le monde on ne peut en aucun cas se faire une opinion correcte de ce qu'est le monde, ou le pays, ou le voisinage...

Et je ne supporterais pas que l'on veuille me réduire à une personne qui n'aurait aucun moyen de se forger une opinion pouvant prétendre à une tentative d'objectivité.

Je ne supporte donc absolument pas ces gens qui voudraient « civiliser » le Net, le contrôler, l'asservir... car ces gens sont des destructeurs des bases mêmes de la démocratie, dont le fondement est l'opinion que chacun peut se faire du « monde » afin de pouvoir décider.

L'histoire a enterré Torquemada et ses pareils, espérons qu'elle gommera nos modernes inquisiteurs avant qu'ils aient pu se livrer à leurs tâches néfastes...

En attendant je viens de créer un compte Diaspora.

Voir à ce sujet : « Le projet Diaspora : un anti Facebook »

On lira : « Partagez ce que vous voulez, avec qui vous voulez. »

« Propriété

Vous êtes le propriétaire de vos images, et vous ne devriez pas être obligé de renoncer à cela juste pour les partager. Vous conservez la propriété de tout ce que vous partagez sur Diaspora, ce qui vous donne le contrôle total de la manière dont cela est distribué. »

Je conserve mon compte Twitter et l'alimente de mes lectures, pour l'instant...

Je laisse en suspens mon compte FB pour un temps.

L'idée d'un compte Gogol + ne m'amuse pas, je soupçonne qu'elle pourrait me révulser bientôt.

Et je me dis que si nous étions nombreux (très nombreux autant que possible, épouvantablement nombreux même !) à rejoindre Diaspora (et à y mettre quelques dollars à l'occasion) la face du monde pourrait changer dans certains de ses aspects...

Il n'y a pas (encore) de taxe sur les rêves : j'en profite.

Mais ne nous contentons peut-être pas de rêver si nous voulons vraiment « changer le monde » !

dimanche 10 juillet 2011

Ecrire du php lisible

Lorsque vous passez vos journées à travailler des scripts réalisés par diverses personnes d'une équipe (un script est un fichier informatique contenant des éléments d'un programme, ce dernier étant destiné à faire fonctionner un site web par exemple ou tout type de logiciel) vous êtes confronté à la question de la lisibilité de ces scripts.

Un script peut contenir très peu de lignes de code, effectuer une tâche simple, il peut aussi être très long et réaliser des processus très complexes.

La lisibilité d'un script peut être envisagée sous deux aspects : la façon selon laquelle il est présenté et la façon dont l'algorithme est construit.

C'est le premier aspect qui retient ici mon attention.

Il a été réalisé de très nombreuses études sur la lisibilité d'un texte.

Leurs conclusions peuvent s'appliquer à n'importe quel texte et par conséquent aux scripts informatiques car elles font état de nos capacités à discerner et appréhender de façon plus ou moins aisées les informations contenues dans un texte.

Elles renvoient aux facultés que nous mobilisons pour déchiffrer, et l'on ne déchiffre pas un même texte avec la même aisance selon qu'il emprunte telle ou telle règle d'écriture : cela signifie qu'accéder à une bonne compréhension de ce qu'on lit sera plus ou moins facile, plus ou moins fatigant, plus ou moins couronné de succès puisque plus la lecture est difficile plus il devient facile de se méprendre sur le sens de ce qu'on lit.

L'élément de base de notre écriture est le mot (« suite de sons ou de caractères graphiques formant une unité sémantique et pouvant être distingués par un séparateur »  ) : on voit ici le caractère essentiel de la présence d'une unité « le séparateur » qui effectue la coupure d'un texte en ses unités élémentaires et permet de distinguer les « mots ».

Le séparateur définit le mot : est-ce uniquement de la théorie ?

Expérimentons cela :

« Lemotfrançaisdérivedubas-latinmuttum.Ils'agitd'unsubstantifduverbelatinmuttiredontlasignificationresteobscure.
Ceverbeindiquegénéralementlaproductiond'undiscoursinarticuléet/ouincohérent:ausenspropre,muttire,c'estdiremu,soitgrognercommeunbovin.
Toutefois,ildéfinitégalementlecontraire,soitlaformulationd'unénoncéarticulé.
Dèssonorigine,lemotsetrouvechargéd'unetensionsémantiqueettirailléentredeuxsignificationscontradictoires. »

Sans séparateurs un texte devient très difficile à lire, les différents niveaux de morphèmes () ne peuvent plus être distingués et l'on se trouve face à une sorte de magma de lettres que, finalement, personne ne souhaiterait lire.

L'espace est-il le seul séparateur acceptable ?

« Le#mot#français#dérive#du#bas-latin#muttum.#Il#s'agit#d'un#substantif#du#verbe#latin#muttire#dont#la#signification#reste#obscure.
#Ce#verbe#indique#généralement#la#production#d'un#discours#inarticulé#et/ou#incohérent#:#au#sens#propre,#muttire,#c'est#dire#mu,#soit#grogner#comme#un#bovin.
#Toutefois,#il#définit#également#le#contraire,#soit#la#formulation#d'un#énoncé#articulé.
#Dès#son#origine,#le#mot#se#trouve#chargé#d'une#tension#sémantique#et#tiraillé#entre#deux#significations#contradictoires. »

Difficile de lui trouver un substitut aussi efficace...

On constate donc ici que l'individualisation des mots par un séparateur dont la forme est constante et qui se distingue facilement de tout autre caractère typographique est essentielle pour une bonne lisibilité.

Une autre petite expérience nous montre la très grande efficacité de l'espace vide comme séparateur de mots :

« on lit aessz bein un ttxee cnanetnot des mtos dont les cerèarctas ienretns ont été iesrevns de foçan suqitamétsye cmome ccei. »

L'inversion ou le mélange des lettres internes à un mot n'est pas vraiment plus pénalisante que l'absence de séparateurs vue plus haut, cela est dû à la capacité de notre cerveau à effectuer certaines reconstitutions par rapport à des informations confuses : admettons que la facilité n'est pas vraiment au rendez-vous... et que l'on peut faire pire :

« onlitaesszbeinunttxeecnanetnotdesmtosdontlescerèarctasienretnsontétéiesrevnsdefoçansuqitamétsyecmomeccei. »

C'était le même sans séparateur...

Ce ne sont pas les seules obstacles à une bonne lecture, ainsi :

« EN LINGUISTIQUE, ON DÉFINIT GÉNÉRALEMENT UN MORPHÈME COMME LA PLUS PETITE UNITÉ PORTEUSE DE SENS QU'IL SOIT POSSIBLE D'ISOLER DANS UN ÉNONCÉ. DE MÊME QUE LE PHONÈME, LE MORPHÈME EST UNE ENTITÉ ABSTRAITE SUSCEPTIBLE DE SE RÉALISER DE PLUSIEURS MANIÈRES DANS LA CHAÎNE PARLÉE. »

Il a été démontré qu'un texte en capitales est plus difficile à lire, et donne lieu à plus d'erreurs de compréhension, que le même texte en minuscules.

Revenons maintenant à nos scripts php.

On y trouve souvent :

if(isset($trux)&&$trux!=0&&$monTrucquiFaitTruc!==true&&$cetrucla='machin'){$lautreTruc=true;}
if(isset($chosex)&&$chosex!=0&&$monchosecquiFaitchosec!==true&&$cechosecla='machin'){$lautrechosec='chosee';}

Est-ce lisible ?

if ( isset($trux) && $trux != 0 && $monTrucquiFaitTruc !== true && $cetrucla = 'machin' ) { $lautreTruc = true; }
if ( isset($chosex) && $chosex! = 0 && $monchosecquiFaitChosec !== true && $cechosecla = 'machin' ) { $lautrechosec = 'chosee'; }

N'est-ce pas plus lisible ?

La raison en est que chaque « mot » est bel et bien individualisé par le séparateur standard utilisé dans notre langue.

Détaillons ce que sont des « mots » dans ce cas : ce sont tous les éléments qui ont un « sens » intrinsèque (des « unités de sens »), ce sont ici :

les variables : tout ce qui est compris entre deux séparateurs et qui est précédé de « $ »
les éléments de syntaxe de programmation : ( ) { } = != !== &&
les fonctions de programmation : isset( par exemple.

On notera qu'il y a une différence entre «  ( ) { } = != !== && » et « (){}=!=!==&& » car si dans le premier cas on peut détecter facilement des « mots » comme « } » dans le second on ne sait pas si « !=! » est un « mot ».

Seule la connaissance du langage php nous permet de tirer un sens de la seconde proposition car on sait alors que « !=! » ne peut pas être un « mot » acceptable comme tel dans ce cas.

Pour déchiffrer correctement la seconde proposition il faut donc faire un effort complémentaire à celui de la simple lecture : il faut ajouter une tâche de décodage (effort supplémentaire), qui se traduit en un gaspillage d'énergie, de temps, en un accroissement de fatigue et en moindre efficacité.

Dans le cas d'un travail en entreprise, assez éloigné de tout loisir, ces inconvénients devraient être systématiquement évités.

Définir des « mots » php

On peut écrire ceci, car l'interpréteur php le traitera correctement (malheureusement pour le lecteur humain) :

$monAutreMachin=substr($monMachinquiFaitTruc,'0','8');

or cela n'est qu'un seul et unique « mot » au sens linguistique du terme, mais il contient en fait plusieurs « mots » en langage php.

$monAutreMachin = substr($monMachinquiFaitTruc, '0', '8'); sera plus immédiatement lisible car chaque « mot » est immédiatement identifiable.

On trouvera aussi :

$monAutreMachin=str_replace('\'','u',$monMachinquiFaitTruc);
au lieu de
$monAutreMachin = str_replace('\'', 'u', $monMachinquiFaitTruc);
Imaginez cela parmi des dizaines ou centaines de lignes de code : dans le premier cas une confusion assez probable, dans le second des « mots » faciles à identifier qui permettent une lecture beaucoup plus fluide.


Camelized or not ?

Ah quelle invention que cette saleté !

L'écriture en « dos de chameau » est basée sur une alternance de majuscules et minuscules et permet d'écrire « $monMachinquiFaitTruc », expression dans laquelle on remarquera qu'une certaine intention a présidé à son écriture car on y détecte que le « machin » doit faire quelque-chose et qu'il s'agit de « truc ».

Ainsi en javascript on trouve l'expression bien connue « document.getElementsByTagName » qui, prise isolément, demeure à peu près lisible mais dans le cadre d'un script dense donne des suites de lignes à peu près illisibles sans un bon effort de concentration, notamment parce-se cela pourra être suivi de « document.getElementsByTId » et autres « document.trucmucheLeZinzinouEquivalent ».

Tout simplement parce-que des expressions comme « getElementsByTagName » ne comportent aucun séparateur.

Les concepteurs de php ont dû avoir conscience de cet aspect des choses, eux qui ont mis à notre disposition des fonctions comme :
str_getcsv
str_ireplace
str_pad
str_repeat
str_replace
str_rot13
str_shuffle
str_split
str_word_count

dans lesquelles un séparateur « _ » bien placé découpe les expressions en « mots » et nous facilite la lecture.

Car nous aurions pu avoir un magma verbeux du type javascript comme :

strGetDocumentCsv
strInsensitiveReplace
stringPad
strRepeatString
strReplaceInside
strTransformToROT13
strShuffleContent
strSplitIntoArray
strWordCount
(et pourquoi pas « strReplaceInsideTheStrEnQuestion » ?)

Où est le plus lisible ?

Heureusement en javascript quelques scripts nous permettent de nous passer du «  document.getElementsByTagName » en nous permettant d'écrire « $('le nom de tag de l'élément') » donc par exemple : $('machin').

C'est le cas de la lourdingue et rigide « prototype », de la plus flexible et modulaire « jQuery » et de quelque autres.

Dans le domaine où j'exerce aujourd'hui, la programmation de sites de covoiturage, il est souvent question de variables concernant un lieu de départ ou d'arrivée, de dates et d'heures...

C'est pourquoi j'ai pris des noms de variables dans ce domaine, voyons donc ce qui est possible :

On peut écrire :

if($maDateArrivee!=0&&$maDateDepart!=0&&$monLieuArrivee!=''&&$monLieuDépart!=''&&$monIdentifiantIsCertified==true){ $onContinueLaProcedure=true;}

C'est du camélisé sans séparateur.

Mais cela peut également s'écrire :

if ( $date_arr != 0 && $date_dep != 0 && $lieu_arr != '' && $lieu_dep != '' && $id_cert == true ) { $continue = true; }

pour une meilleure lisibilité.

Le programmeur qui écrira ses scripts en omettant systématiquement les séparateurs (peut-être afin de gagner le temps en ne frappant pas la barre d'espace ?) fera toujours perdre du temps, et sera la cause de probables erreurs d'interprétation (éventuellement pour lui-même dans l'avenir), car il aura écrit de l'illisible en mode de « lecture naturelle » : il imposera à tout lecteur un effort supplémentaire à celui de la seule lecture, afin que le lecteur trouve la place que devraient avoir les séparateurs pour reconstituer correctement les mots, et finalement accéder au sens du texte.

Par ailleurs notons une différence entre « $maDateArrivee, $maDateDepart » et « $date_arr, $date_dep » : vous aurez noté que le « ma » a disparu de la dernière formulation.

Je ne sais d'où vient ce « ma », « mon », « mes » devant un certain nombre de variables utilisées ici ou là, mais il est strictement inutile car sans signification et ajoute de la surcharge inutile.

C'est ce que l'on retrouve dans les dossiers de systèmes d'exploitation et n'a absolument aucun sens.

Qu'un dossier sur un ordinateur s'appelle « Mes documents » ne signifie pas que celui qui accédera à ce dossier le possède réellement...

Bien des informaticiens semblent ignorer que « Le moi est haïssable » (Pascal)...

A lire : « Les geeks sont-ils anti “intellectuels”? »

Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
? i n t e l l i b l u g
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