Notre nucléaire, au mépris de l'humanité et de l'environnement...
Par jcm, samedi 20 septembre 2008 à 12:01 :: General :: #84 :: rss
" On " peut se plaire à penser que le nucléaire, " vu de chez nous ", est une énergie propre, " durable " (le " progrès " nous permettra de transformer ses déchets en ressources, avancent certains) et surtout indispensable au maintien de notre niveau de vie, tout comme " the american way of life " a longtemps été considéré comme " non négociable " face aux changements climatiques : on ne porterait donc pas atteinte à ce niveau de vie en imposant des réductions de consommation d'hydrocarbures.
Nous pouvons aujourd'hui constater que cette résistance américaine a cédé la place à une autre approche : les énergies " renouvelables " ont pris un essor considérable aux USA et de plus en plus d'états durcissent leur législation en matière environnementale.
Après avoir longtemps tardé, tout comme nous tardons à examiner de près les réalités que couvrent les publicités qui tentent de nous montrer le nucléaire sous un aspect avenant.
Sûr le nucléaire ?
Il n'existe en France aucune disposition destinée à affronter et régler les problèmes que poserait un accident nucléaire de quelque importance : " Nucléaire : la France est-elle bien protégée ? "
Sans danger pour l'éternité ?
" L’insoluble équation des déchets nucléaires "
A-t-il été question de cela sur nos antennes aux heures de grande écoute ?
Il faut avouer que " les grands médias " font preuve d'une curiosité, d'un courage, d'un esprit d'investigation très fortement inférieur à ce que nous pourrions considérer comme un " minimum syndical " à de rares exceptions près.
Et je souhaite saluer ici une de ces exceptions qui est l'émission de Ruth Stégassy, " Terre à Terre ", que l'on peut écouter chaque samedi matin, de 7 à 8 heures, sur France Culture.
Le sujet était, ce matin du 20 Septembre 2008, sous le titre " La malédiction de l’uranium ", notre " bon vieux nucléaire ".
Issouf Maha , touareg du Niger, maire en exil (en France) de Tchirozérine, nous expliquait ce qui se passe au Niger, pays dans lequel notre opérateur national du nucléaire extrait l'uranium depuis une quarantaine d'années.
C'est humainement inadmissible et inacceptable du point de vue de l'environnement.
Une région empoussiérée d'aérosols potentiellement radioactifs, théâtre de nombreuses violences, d'un déplacement de populations dépossédées des terres qui étaient leur cadre de vie et assuraient leur subsistance, populations réduites à se rassembler dans des bidonvilles construits avec les matériaux hors d'usage de l'exploitation minière, également potentiellement radioactifs...
La nappe phréatique d'Arlit, nappe fossile, est vidée à 70%, ce qui reste d'eau est fortement pollué par less infiltrations des résidus de traitement de l'uranium mais c'est pourtant cette eau qui est distribuée aux populations...
Pour " remédier " à cet état de fait on puisera donc dans la nappe d'Agadez, également fossile (donc non renouvelable), et l'on acheminera de l'eau vers Arlit par pipe line, une eau qui restera potable aussi longtemps que les lixiviats ne l'auront pas atteinte.
Car plus de 100 concessions pour exploitation de différents minerais, majoritairement de l'uranium, ont été récemment accordées dans cette région sans la moindre exigence environnementale de la part du gouvernement du Niger.
Comme si cela ne suffisait pas les populations locales sont maltraitées, en grande détresse à tous points de vue, en pénurie alimentaire (dépossédées de leurs terres, leurs troupeaux massacrés...)...
Je ne vais pas vous transcrire ici une émission que vous pouvez écouter en podcast.
Et si elle venait à ne plus être disponible sur le site de France Culture vous la trouverez probablement bientôt sur cet excellent site belge qui nous offre depuis longtemps déjà les " archives non officielles " de l'émission.
Mais je vous invite également à visiter quelques sites qui vous décriront " l'ambiance " et les problématiques de cette exploitation " barbare " des ressources minières du Niger, avec l'assentiment total du gouvernement de ce pays et le soutien, non moins total, du gouvernement français.
Une France nettement plus soucieuse de préserver ses approvisionnements en uranium et de propulser son industrie de cette filière, en l'occurrence Areva, " au plus haut niveau mondial " comme l'on dit quand on brigue une large place au soleil.
Un soleil qui ne brille pas de la même façon pour tout le monde :
" Le gouvernement nigérien refuse toujours tout dialogue, les exactions contre les civils continuent, les populations fuient les campagnes et les villages, laissant derrière elles leurs biens, leurs animaux, et leurs activités. Elles se réfugient autour des bidonvilles où elles mènent une existence des plus indécentes ou tentent de passer les frontières des pays voisins.
Une centaine de familles touareg du Niger réfugiées (plus de 600 personnes) à la frontière algérienne, In Gezam, nous a sollicité pour une aide d’urgence. "
=> http://collectif-tchinaghen.over-blog.com/
" A Agadez, le couvre-feu est imposé à 19 heures. Un habitant de la ville nous a récemment expliqué que, si les gens parlaient trop fort ou faisaient de la musique dans les maisons, les soldats en patrouille entraient pour les réprimander. La vie quotidienne en est rendue d’autant plus difficile que de nombreux Touaregs d’Agadez ont accueilli des membres de leur famille déplacés, dont beaucoup d’enfants : les maisons sont surpeuplées, les bidonvilles grossissent, et il est très difficile de nourrir tout le monde, les sources de revenus se raréfiant du fait de l'état de mise en garde.
Il semble par ailleurs que les soldats des Forces Armées Nigériennes (FAN) répriment plus la population touareg d’Agadez que celle d’Arlit. "
=> http://www.targuinca.org/blog/index.php?Rebellion-nord-niger
" Courant cette nuit du 08 au 09 août 2008, nous avons, à 21heures, procédé à un pilonnage de la position militaire de Tchirozérine.
Nous avons spécifiquement ciblé la position des Forces Armées "Nigériennes" (FAN) à Tchirozérine pour mettre fin aux tirs des obus effectués, depuis ce point, sur les populations civiles vivant dans les différentes vallées de la commune de Tchirozérine. "
=> http://m-n-j.blogspot.com/
" C’est dans cette logique infernale qu’un conflit armé a éclaté dans le nord Niger avec la création d’un mouvement des Nigériens pour la Justice. Du fond de leur désert ses animateurs luttent pour se faire entendre, alerter la planète et tenter de dénoncer cette situation afin de sauver ce qui peut l’être. Face à eux, un Niger qui décide de les anéantir, crée les conditions d’un affrontement sans précèdent et refuse toute idée de dialogue. Les libertés individuelles sont confisquées, les débats contradictoires sont interdits, les radios internationales sont suspendus, les journaux indépendants sont menacés et certains supprimés. La région Touarègue est déclarée en état d’urgence et l’armée s’arroge le droit d’emprisonner, torturer et tuer au besoin sans aucune forme de procès. La communauté internationale passe sous silence cette situation contraire à la Déclaration Universelle des Droits Humains. "
=> http://www.temoust.org/spip.php?article3889
Sur le même site Issouf Ag Maha nous livre une analyse de la situation par rapport au maintien en détention du journaliste Moussa Kaka, emprisonné maintenant depuis 1 an, à l'attitude du gouvernement du Niger, celle de la communauté internationale...
=> http://www.temoust.org/spip.php?article6650
Que déduire de tout cela ?
Que le nucléaire, qui est une filière énergétique incomplètement maîtrisée et dangereuse pour les générations à venir du seul fait des déchets qu'elle génère, lorsqu'il est obtenu de la façon que nous constatons, humainement inadmissible et très préjudiciable à un environnement sain, même si ce n'est pas à nos portes, n'est pas une filière acceptable telle qu'elle est aujourd'hui mise en oeuvre.
Que feriez-vous, vous, si l'on décidait d'ouvrir une exploitation d'uranium dans votre commune, en vous chassant de chez vous sans la moindre indemnisation et de façon violente, vous privant d'habitat et de subsistance ?
Que penseriez-vous, comment réagiriez-vous ?
Mais aujourd'hui, alors que de telles menaces ne pèsent pas sur vous vous accepterez l'idée largement répandue que " nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire ".
Sachant dans quelles conditions il est mis à notre disposition, vous acceptez aussi que des exactions de diverses natures soient commises, que de très graves dévastations soient engendrées par l'exploitation du minerai.
En d'autres termes vous soutenez des actes inacceptables, des personnes qui commettent des crimes, au nom de votre confort et de votre niveau de vie...
Cela s'appelle : complicité.
Peut-on encore parler de " Droits de l'Homme " ?
Nous pouvons aujourd'hui constater que cette résistance américaine a cédé la place à une autre approche : les énergies " renouvelables " ont pris un essor considérable aux USA et de plus en plus d'états durcissent leur législation en matière environnementale.
Après avoir longtemps tardé, tout comme nous tardons à examiner de près les réalités que couvrent les publicités qui tentent de nous montrer le nucléaire sous un aspect avenant.
Sûr le nucléaire ?
Il n'existe en France aucune disposition destinée à affronter et régler les problèmes que poserait un accident nucléaire de quelque importance : " Nucléaire : la France est-elle bien protégée ? "
Sans danger pour l'éternité ?
" L’insoluble équation des déchets nucléaires "
A-t-il été question de cela sur nos antennes aux heures de grande écoute ?
Il faut avouer que " les grands médias " font preuve d'une curiosité, d'un courage, d'un esprit d'investigation très fortement inférieur à ce que nous pourrions considérer comme un " minimum syndical " à de rares exceptions près.
Et je souhaite saluer ici une de ces exceptions qui est l'émission de Ruth Stégassy, " Terre à Terre ", que l'on peut écouter chaque samedi matin, de 7 à 8 heures, sur France Culture.
Le sujet était, ce matin du 20 Septembre 2008, sous le titre " La malédiction de l’uranium ", notre " bon vieux nucléaire ".
Issouf Maha , touareg du Niger, maire en exil (en France) de Tchirozérine, nous expliquait ce qui se passe au Niger, pays dans lequel notre opérateur national du nucléaire extrait l'uranium depuis une quarantaine d'années.
C'est humainement inadmissible et inacceptable du point de vue de l'environnement.
Une région empoussiérée d'aérosols potentiellement radioactifs, théâtre de nombreuses violences, d'un déplacement de populations dépossédées des terres qui étaient leur cadre de vie et assuraient leur subsistance, populations réduites à se rassembler dans des bidonvilles construits avec les matériaux hors d'usage de l'exploitation minière, également potentiellement radioactifs...

La plus grande dimension de cette exploitation est d'environ 9 km.
Le petit cadre bleu situe la photo suivante.
Vous pouvez accéder à cette vue en tapant "Arlit" dans Google Earth
La nappe phréatique d'Arlit, nappe fossile, est vidée à 70%, ce qui reste d'eau est fortement pollué par less infiltrations des résidus de traitement de l'uranium mais c'est pourtant cette eau qui est distribuée aux populations...
Pour " remédier " à cet état de fait on puisera donc dans la nappe d'Agadez, également fossile (donc non renouvelable), et l'on acheminera de l'eau vers Arlit par pipe line, une eau qui restera potable aussi longtemps que les lixiviats ne l'auront pas atteinte.
Car plus de 100 concessions pour exploitation de différents minerais, majoritairement de l'uranium, ont été récemment accordées dans cette région sans la moindre exigence environnementale de la part du gouvernement du Niger.
Comme si cela ne suffisait pas les populations locales sont maltraitées, en grande détresse à tous points de vue, en pénurie alimentaire (dépossédées de leurs terres, leurs troupeaux massacrés...)...
Je ne vais pas vous transcrire ici une émission que vous pouvez écouter en podcast.
Et si elle venait à ne plus être disponible sur le site de France Culture vous la trouverez probablement bientôt sur cet excellent site belge qui nous offre depuis longtemps déjà les " archives non officielles " de l'émission.
Mais je vous invite également à visiter quelques sites qui vous décriront " l'ambiance " et les problématiques de cette exploitation " barbare " des ressources minières du Niger, avec l'assentiment total du gouvernement de ce pays et le soutien, non moins total, du gouvernement français.
Une France nettement plus soucieuse de préserver ses approvisionnements en uranium et de propulser son industrie de cette filière, en l'occurrence Areva, " au plus haut niveau mondial " comme l'on dit quand on brigue une large place au soleil.
Un soleil qui ne brille pas de la même façon pour tout le monde :
" Le gouvernement nigérien refuse toujours tout dialogue, les exactions contre les civils continuent, les populations fuient les campagnes et les villages, laissant derrière elles leurs biens, leurs animaux, et leurs activités. Elles se réfugient autour des bidonvilles où elles mènent une existence des plus indécentes ou tentent de passer les frontières des pays voisins.
Une centaine de familles touareg du Niger réfugiées (plus de 600 personnes) à la frontière algérienne, In Gezam, nous a sollicité pour une aide d’urgence. "
=> http://collectif-tchinaghen.over-blog.com/
" A Agadez, le couvre-feu est imposé à 19 heures. Un habitant de la ville nous a récemment expliqué que, si les gens parlaient trop fort ou faisaient de la musique dans les maisons, les soldats en patrouille entraient pour les réprimander. La vie quotidienne en est rendue d’autant plus difficile que de nombreux Touaregs d’Agadez ont accueilli des membres de leur famille déplacés, dont beaucoup d’enfants : les maisons sont surpeuplées, les bidonvilles grossissent, et il est très difficile de nourrir tout le monde, les sources de revenus se raréfiant du fait de l'état de mise en garde.
Il semble par ailleurs que les soldats des Forces Armées Nigériennes (FAN) répriment plus la population touareg d’Agadez que celle d’Arlit. "
=> http://www.targuinca.org/blog/index.php?Rebellion-nord-niger
" Courant cette nuit du 08 au 09 août 2008, nous avons, à 21heures, procédé à un pilonnage de la position militaire de Tchirozérine.
Nous avons spécifiquement ciblé la position des Forces Armées "Nigériennes" (FAN) à Tchirozérine pour mettre fin aux tirs des obus effectués, depuis ce point, sur les populations civiles vivant dans les différentes vallées de la commune de Tchirozérine. "
=> http://m-n-j.blogspot.com/

Cette excavation mesure environ 250 mètres de large.
" C’est dans cette logique infernale qu’un conflit armé a éclaté dans le nord Niger avec la création d’un mouvement des Nigériens pour la Justice. Du fond de leur désert ses animateurs luttent pour se faire entendre, alerter la planète et tenter de dénoncer cette situation afin de sauver ce qui peut l’être. Face à eux, un Niger qui décide de les anéantir, crée les conditions d’un affrontement sans précèdent et refuse toute idée de dialogue. Les libertés individuelles sont confisquées, les débats contradictoires sont interdits, les radios internationales sont suspendus, les journaux indépendants sont menacés et certains supprimés. La région Touarègue est déclarée en état d’urgence et l’armée s’arroge le droit d’emprisonner, torturer et tuer au besoin sans aucune forme de procès. La communauté internationale passe sous silence cette situation contraire à la Déclaration Universelle des Droits Humains. "
=> http://www.temoust.org/spip.php?article3889
Sur le même site Issouf Ag Maha nous livre une analyse de la situation par rapport au maintien en détention du journaliste Moussa Kaka, emprisonné maintenant depuis 1 an, à l'attitude du gouvernement du Niger, celle de la communauté internationale...
=> http://www.temoust.org/spip.php?article6650
Que déduire de tout cela ?
Que le nucléaire, qui est une filière énergétique incomplètement maîtrisée et dangereuse pour les générations à venir du seul fait des déchets qu'elle génère, lorsqu'il est obtenu de la façon que nous constatons, humainement inadmissible et très préjudiciable à un environnement sain, même si ce n'est pas à nos portes, n'est pas une filière acceptable telle qu'elle est aujourd'hui mise en oeuvre.
Que feriez-vous, vous, si l'on décidait d'ouvrir une exploitation d'uranium dans votre commune, en vous chassant de chez vous sans la moindre indemnisation et de façon violente, vous privant d'habitat et de subsistance ?
Que penseriez-vous, comment réagiriez-vous ?
Mais aujourd'hui, alors que de telles menaces ne pèsent pas sur vous vous accepterez l'idée largement répandue que " nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire ".
Sachant dans quelles conditions il est mis à notre disposition, vous acceptez aussi que des exactions de diverses natures soient commises, que de très graves dévastations soient engendrées par l'exploitation du minerai.
En d'autres termes vous soutenez des actes inacceptables, des personnes qui commettent des crimes, au nom de votre confort et de votre niveau de vie...
Cela s'appelle : complicité.
Peut-on encore parler de " Droits de l'Homme " ?




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