Vous le boirez jusqu'au fond du verre, alors ne vous trompez pas de formule !

Je doute que vous vouliez "de la droite" au seul motif que ce serait "de la droite", ou "de la gauche" pour l'unique plaisir d'avoir "de la gauche".

De toutes façons vous aurez un cocktail, avec une dominante forte, probablement, le camp majoritaire disposant de tous les pouvoirs, toutes les libertés ou presque du fait de sa majorité.

Le goût de votre boisson sera pour 5 ans celui du camp majoritaire : un panaché sans relief, sans épices pour une route toute tracée.

C'est notre, votre vie qui se joue, aujourd'hui plus que jamais et vous commencez peut-être à le comprendre.

Vous commencez à lire entre les lignes que vous servent ces prostituées intellectuelles que sont probablement la plupart des journalistes et petit à petit vous découvrez qu'on vous roule dans la farine.

Pour l'instant cette farine vous fait seulement éternuer, et vous avez éternué en choeur avec Nicolas Hulot : ce n'est pas suffisant !

Vous savez qu'une sale friture climatique commence à chauffer dans le poêlon, et le début trop doux, très anormalement doux de cet hiver vous fait peut-être pressentir des brûlures à venir.

Ce n'est pas aux premiers crépitements, quand la farine commencera à blondir sur votre peau, qu'il faudra songer à baisser le feu : vous ne quitterez pas la friteuse aux parois glissantes dans laquelle vous vous serez laissés plonger.

Ebrouez-vous, secouez-vous, que plus un grain de cette farine n'adhère à votre peau !

Bougez les lignes que l'on écrit pour vous, arrachez-les pour voir ce qu'il y a dessous, déchirez le papier, découvrez ce qu'il cache !

Oui, je vous vois venir...

"Encore une salade écolo... mais ce qui nous importe c'est l'emploi, notre pouvoir d'achat, nos retraites, notre sécurité... et ça, les écolos..."

Détrompez-vous, ce n'est pas une laitue fanée, insipide, que je vous servirai mais ce mélange d'une scarole bien ferme, d'une frisée fantasque, de mâche fraîchement cueillie relevé de roquette qui vous régalera et vous tiendra au corps !

A vous d'y inventer une sauce !

Emploi et pouvoir d'achat : quel gaspillage d'énergie(s) !!!

Contrairement à ce que l'on vous dit ce n'est pas une législation qui rendrait le travail plus "flexible" (et ce contrat de travail unique du type CNE que certains défendent ne fera qu'augmenter la précarité dans laquelle nous nous trouvons déjà tous plus ou moins) qui augmenterait le dynamisme de la France et la richesse de chacun, et des études sur la flexibilité nous montrent qu'elle n'est pas une condition d'amélioration de la situation économique et sociale (La fable de la flexibilité).

Focaliser les débats emploi / pouvoir d'achat sur la législation du travail est une perte de salive et d'énergie ET une escroquerie intellectuelle car une législation du travail le rendant plus flexible n'améliorera PAS le pouvoir d'achat moyen, et cette focalisation détourne l'attention, empêche de voir qu'il y a d'autres façons beaucoup plus intéressantes d'aborder cette problématique.

Nous avons "Besoin d'air" comme l'indique le "livre blanc" publié par le MEDEF, mais pas de cet air qu'il propose et nous mènera à l'étouffement social et économique en préservant les entreprises et les plus aisés.

Voyons donc dans une autre direction comment nous pourrions agir pour améliorer le taux d'emploi ET augmenter le pouvoir d'achat, tout en répondant à cette urgence qui est de limiter nos émissions de gaz à effet de serre et nous verrons que tout cela se marie fort bien !

J'utiliserai comme référence les données d'un document du ministère de l'industrie pour 2005 : L'énergie en France 2006.

Ce document nous montre les consommations finales de produits pétroliers par secteurs et l'on y voit la part du secteur "Résidentiel - Tertiaire", fort importante : l'essentiel de sa consommation est imputable au chauffage des locaux et de l'eau sanitaire et à la climatisation.

Consommation finale de produits pétroliers par secteur

Nous examinerons aussi la consommation finale d'électricité par secteur :

Consommation finale d'électricité par secteur

On distingue bien une croissance régulière de la part de l'électricité dans le secteur du "Résidentiel - Tertiaire", ce qui n'est pas sans poser de nombreux problèmes : notre consommation d'électricité est en limite de nos capacités de production dans certaines configurations météorologiques (grands froids hivernaux, grandes chaleurs / sécheresses restreignant les capacités hydrauliques et les capacités de refroidissement des centrales thermiques, nucléaires ou non).

Il est donc prévu la construction de 12000 MW de centrales à gaz ou au charbon en France d'ici 2012 : l'idéal pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre !

Voyons maintenant comment, dans le secteur "Résidentiel - Tertiaire", se répartissent les énergies :

Répartition des énergies
J'ai noté "Electricité fossile pour désigner l'électricité produite à partir d'énergies fossiles, bien sûr !!! ;-)
Les produits pétroliers tiennent encore une large place, la consommation de l'électricité ne fait que croître dans ce secteur.

On voit la part d'électricité issue de la combustion d'énergies fossiles (gaz, charbon, produits pétroliers), elle est aujourd'hui voisine de 14% de la production totale d'électricité et on ne prévoit pas que le volume d'énergies fossiles consacré à cette production amorce bientôt une décroissance.

Que nous coûtent ces importations ?

Coût des importations d'énergies fossiles

Sur ce graphique la part d'électricité d'origine fossile utilisée par le secteur "Résidentiel - Tertiaire" n'est pas représentée.

Ces coûts sont en euros courants et donc fortement influencés par le prix d'un pétrole que l'on sait fluctuant, et dont on a de bonnes raisons de penser qu'il ira cahin caha croissant au fil des ans.

Relions maintenant ces dépenses énergétiques du secteur "Résidentiel - Tertiaire" à la nécessité de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre : cette diminution, dans ce secteur, s'obtiendrait par une reconversion du bâti existant à la passivité énergétique.

Une tâche de très grande ampleur, qu'il ne sera pas possible de mener à bien du premier coup sur n'importe quel édifice : il y aura des limitations techniques et économiques de divers ordres, dans un premier temps.

Ce qui ne sera pas possible aujourd'hui pourra le devenir demain : la généralisation de l'utilisation de certain équipements aujourd'hui produits en petites séries entraînera une chute des prix, certains progrès scientifiques et techniques en cours (comme par exemple ces revêtements minces applicables comme une peinture, à transition de phase et qui agissent comme des isolants) ou à venir.

Si l'on voulait s'attaquer à cette réhabilitation énergétique du bâti il faudrait donc choisir des priorités en fonction d'un compromis "consommation actuelle / rentabilité économique d'une transformation en fonction des savoir faire actuels" et choisir de modifier les bâtiments pour lesquels nous obtiendrions le compromis le plus favorable, pour parvenir à ceci :

Répartition des énergies dans l'avenir

Ce graphique montre la décroissance vers 0 en 2055 de la consommation de gaz et de produits pétroliers ainsi qu'une très forte diminution de l'électricité (part chauffage / climatisation / eau chaude sanitaire / éclairage) pour le secteur "Résidentiel - Tertiaire".

On entreprendrait donc de convertir à la passivité énergétique l'ensemble du bâti, l'électricité restant utilisée pour l'éclairage et par le secteur tertiaire dans ses différentes activités et ne décroissant donc pas vers 0 en 2055.

Un éclairage qui devra faire appel à des systèmes à très basse consommation : il est temps de bannir les lampes à incandescence et d'interdire certaines illuminations nocturnes, comme celles de zones commerciales ou industrielles lorsqu'elles sont désertes.

Aux prix de l'énergie en 2005, nous économiserions chaque année environ 8 milliards d'euros d'une énergie que nous n'importerions plus, et l'on peut penser que cette économie pourrait être beaucoup plus élevée si le prix des énergies fossiles augmentait en fonction de leur raréfaction.

Mais il se pourrait que le fameux "Peak Oil" (et le renchérissement concomitant du prix du pétrole, et de toutes les énergies) soit différé par la découverte de nouveaux gisements de gaz et de pétrole dans des régions encore inexplorées mais désormais libres de glace : la fonte de la banquise arctique va probablement donner lieu à des explorations et des découvertes de gisements.

Certes il faut considérer cette hypothèse mais dans ce cas nos émissions de gaz à effet de serre ne diminueront pas et nous augmenterons effet de serre et réchauffement global du climat avec les inconvénients que l'on commence à mesurer...

A quoi correspondra cette conversion du bâti ?

A un énorme chantier qui aura pour objectif de modifier chaque année pendant 50 ans plus ou moins 2 à 3% du parc immobilier, et ce pourcentage sera difficile à établir a priori car les modifications effectuées dans les premières années auront besoin avant que s'écoulent 50 ans d'être ravalées (isolation thermique par l'extérieur afin de profiter de l'inertie thermique des parois), reprises, modifiées...

Cette modification créée un nouveau marché, ou plus exactement donne un potentiel très fort à un tout petit marché en développement assez lent en France, qui n'est pas le marché du chauffage ou celui du ravalement, de l'isolation... traditionnel.

Convertir à la passivité énergétique 400 à 600 000 logements, bureaux, usines... par an représente donc un énorme marché, un énorme gisement d'emplois, l'occasion de former des dizaines de milliers de personnes chaque année.

Individuellement les bénéficiaires de ces locaux passifs verront leur facture de chauffage réduite à peu près à néant : cela vient donc alimenter leur pouvoir d'achat.

Vue sous un angle plus général l'opération permet une réduction progressive du taux de chômage avec la création de plus ou moins 100 000 nouveaux emplois par an, des emplois à plein temps non délocalisables (à moins que l'on invente une solution qui permettrait d'emmener votre pavillon de banlieue à l'autre bout du monde pour le transformer en employant de la main d'oeuvre à bon marché, et vous le ramener ensuite ?).

Elle génère une économie substantielle et croissante d'achats extérieurs : la part de richesse que nous y consacrons devient pour une large part une ressource pour l'économie interne plutôt qu'une évasion de richesses, ressource qui participera, comme l'ensemble de cette activité de réhabilitation, à financer les différentes caisses sociales.

Nous avons récemment vu que l'état français avait consacré 65 milliards d'euros en aide aux entreprises, sans exiger de contreparties.

Une part de cette somme pourrait avantageusement être affectée à cette transformation du bâti, et des solutions de financement peuvent être mises en place afin de remplacer l'actuel crédit d'impôts sur l'installation de panneaux solaires et autres systèmes.

Par exemple Corinne Lepage propose :

Créer un fonds qui serait alimenté par une taxe spéciale sur les bénéfices des sociétés pétrolières et qui serait destiné à permettre l'allocation de prêts à taux 0 pour permettre les économies d'énergie dans l'habitat ancien ou le recours aux meilleures techniques dans l'habitat nouveau.


en page 192 de son New Deal Ecologique Ecoresp2.

Nous voyons donc qu'il est envisageable de mobiliser énergies et intelligences afin que TOUS puissent bénéficier de progrès très significatifs dans le domaine de l'emploi, avec la création de très nombreux emplois stables qui s'accommoderaient très bien du CDI sous sa forme actuelle, progrès tout aussi significatifs du point de vue du pouvoir d'achat pour ceux qui voudraient et pourraient profiter de cette dynamique, c'est à dire un très grand nombre de propriétaire et de locataires.

Nous profiterions TOUS de l'allègement progressif du déficit extérieur de la France (qu'il faut bien payer) par l'allègement de la facture pétrolière et gazière.

Mais cette dynamique serait également une bonne occasion de se pencher sur notre boulimie pétrolière en matière de transports, liée à la fois à l'urbanisme, aux modes de transports, aux trajets quotidiens de la plupart d'entre nous.

Que se passera-t-il si nous ne procédons pas à cette transformation volontaire et massive du bâti ?

En se basant sur le taux d'évolution des diverses consommations constaté entre 2000 et 2005, si ce taux était réduit de moitié nous obtiendrions ceci :

Progression à 50% du taux 2000/2005

Notre utilisation de produits pétroliers aurait lentement diminué au profit du gaz mais surtout de l'électricité dont la consommation aurait presque doublé en 2055 (multiplication par 1,9) : comment fournir cette énergie ?

En appliquant le taux annuel constaté constaté entre 2000 et 2005 nous arrivons à ce graphique :

Progression à 100% du taux 2000/2005

Notre consommation en électricité pour le secteur "Résidentiel - Tertiaire" est multipliée par 2,2, tandis que les produits pétroliers décroissent et sont abandonnés vers 2040, mais attention : il s'agit ici des produits utilisés directement pour le chauffage, et nous ne savons pas comment aura évolué le parc de production d'électricité.

Envisageons qu'il fera plus largement appel au thermique classique qu'aujourd'hui si l'on découvre de riches gisements dans l'Arctique dégelé.

Vous penserez que la technique nous permettra "bientôt" de brûler gaz et pétrole sans émettre de gaz à effet de serre puisque nous saurons piéger le CO2 à la sortie des centrales et le réinjecter dans le sous-sol ou au fond des océans.

Oui, peut-être, mais ces technologies demeurent aujourd'hui à l'état d'hypothèses ou d'expérimentations, et nous ignorons tout du coût de ce type de traitement, s'il est réellement possible.

Faut-il que nous souhaitions consommer de plus en plus et de plus en plus cher, ce qui amputera notre pouvoir d'achat, ou bien devons-nous tenter de consommer moins et de profiter du pouvoir d'achat supplémentaire que cela libère pour d'autres postes ?

Sans compter que la construction de nouvelles centrales, avec ou sans captation du CO2, ne permettra pas de créer le dynamisme économique et social que l'on obtiendra en lançant ce grand chantier de modification du bâti existant.

L'essentiel de l'investissement consacré à de nouveaux équipements de production d'électricité profitera d'abord et avant tout aux actionnaires des sociétés impliquées dans la construction et la production, tandis que l'essentiel de l'investissement nécessaire à la rénovation du bâti sera beaucoup plus largement réparti entre les entreprises, leurs employés et les utilisateurs.

Cela, certains candidats ne vous le disent pas, lui par exemple : SARKOZY Ier, trois mètres de haut, au QG de campagne rue d’Enghien. (visiter ce lien pour une photo grand format).

Mais dans quel monde mental vit Nicolas Sarkozy ?

Photographie (sans trucage !) : Natacha QS

Alors que préférez-vous maintenant, la laitue fanée du Medef que Nicolas Sarkozy est prêt à nous servir ou ma salade fraîche, qui nous revigorerait tous ?

Préférez-vous les coups de trique qu'il nous prépare ou du travail, en masse, solide, dynamisant et qui devrait nous apparaître comme indispensable ?

C'est à vous de le dire, vous tous qui avez des mots à mettre sur les choses et les idées, des paroles à dire pendant cette campagne présidentielle, des textes à écrire sur vos blogs...

Et au moment du vote, le dire dans l'urne.