
| | Pour un débat "éclairé"
L'évaluation d'un phénomène peut-elle se satisfaire
d'un examen partiel de ce phénomène ?
 Nous avons vu dans ces pages que les dangers potentiels des OGM n'étaient pas uniquement d'ordre alimentaire. En fait même s'il était absolument et définitivement démontré que certains OGM étaient compatibles avec la meilleure des alimentations ou même augmentaient grandement la qualité de nos aliments il pourrait exister d'excellents motifs de s'abstenir impérativement de les cultiver.
Qu'une plante soit tellement performante et en vienne à étouffer toutes les autres dans les zones qu'elle aura colonisées, ou qu'il y ait dissémination de gènes propageant la modification génétique à d'autres espèces, et que se manifeste après un certain nombre de générations une diminution de la fécondité (ce qui se passe pour les poissons OGM) de ces plantes et ce sera à terme la destruction d'un nombre d'espèces parmi lesquelles certaines figurent au nombre de nos ressources alimentaires.
Ces risques, parmi d'autres, sont ils acceptables ?
On voit que, pour ce qui concerne la France, il serait très imprudent de ne se référer qu'aux avis de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) pour prendre des décisions d'importation ou de mise en culture des OGM car l'aspect alimentaire n'est pas seul en cause.
Le 11/12/2002 - OGM : l'Académie de Médecine recommande la levée du moratoire européen : http://infos.netscape.fr/info/NDepeche?id=109149&cat_id=8
Pendant ce temps, en Suisse, on se mobilise :
LA RECHERCHE - AFP _ Début d'une campagne de signatures contre les OGM dans l'agriculture :
Nécessité d'un protocole d'évaluation plus complet
Il apparaît donc très évident que se prononcer sur les OGM nécessite d'avoir pris connaissance de toutes les données disponibles sur le sujet, d'avoir évalué la validité de ces données et enfin de les avoir pesées.
Seulement alors on peut envisager de se prononcer.
On ne saurait trop souligner la très grande urgence dans laquelle il faut agir car les OGM se répandant très rapidement dans le monde ils répandront également leurs inconvénients potentiels ou avérés.
La place de la France, celle de l'Europe, dans ce débat.
La France et l'Europe viennent de débattre des OGM, et l'on voit que ce débat n'est pas terminé puisqu'il y a des acteurs déterminés à le poursuivre (au fil de ces pages un certain nombre de liens le démontre).
A l'heure où une Commission Coppens organise une consultation destinée à la mise au point d'une Charte de l'Environnement il est temps de revenir sur la question des OGM avec une approche beaucoup plus exhaustive.
Quel que puisse être le résultat de cette approche la science pratiquée en France n'en sortirait que grandie et munie de plus de moyens.
En effet cette exploration en profondeur des OGM lui donnerait l'occasion d'accumuler des connaissances plus nombreuses et plus fines et lui permettrait peut-être de mettre au point des OGM qui n'auraient pas les inconvénients de ceux que l'on emploie aujourd'hui.
Certaines équipes mènent d'ailleurs de très intéressantes explorations (et ne semblent pas penser que leur tâche est terminée) :
CNRS - Végétaux génétiquement modifiés et environnement microbien : http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n392/html/n392a01.htm
Et s'il s'avérait impossible de fabriquer des OGM plus sûrs la France serait en tous cas reconnue comme l'auteur d'avancées scientifiques majeures.
Autre direction de recherche où s'illustrer : les moyens de lutte contre les inconvénients des OGM et les dégâts qu'ils causent.
Une évaluation approfondie des OGM n'est donc en aucun cas un refus du "progrès".
L'Europe, quand à elle, serait entraînée par la France dans ce débat et pourrait y prendre part : ce serait le mieux qu'elle puisse faire.
L'Europe a le choix : s'y investir ou tenter de freiner le débat.
En tentant de le freiner ou de l'occulter elle miserait sur la défaite de ceux qui feront probablement tout ce qui est en leurs moyens pour obtenir ce débat.
Ce serait un jeu de "quitte ou double" à l'issue duquel elle pourrait se trouver fortement discréditée.
Il y a toujours des conséquences au refus de débattre.

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