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Paris / Nantes, le 23 décembre 1999

Lors d'une nouvelle reconnaissance aérienne effectuée hier 22 décembre, Greenpeace a pu vérifier que la nappe de fuel lourd échappé des soutes de l'Erika se rapproche inexorablement des terres. Cette nappe, très fragmentée, pourrait atteindre la côte entre Noirmoutier et Saint Jean de Mont, touchant probablement l'Ile d'Yeu dès le jour de Noël.

Au retour de ce vol de reconnaissance, Frédéric Claveau Chargé de mission Océan de Greenpeace France a déclaré: "TOTALFINA a une responsabilité morale et juridique sur tous les dégâts ici à l'environnement. Cette compagnie, maintenant quatrième entreprise pétrolière au monde, offre aux artisans pêcheurs, aux ostréiculteurs et à tous les habitants de la région, le cadeau le plus ignoble qui pouvait leur être fait.

Greenpeace a décidé de se constituer "partie civile" : dans la plainte déposée contre X pour pollution marine. "Nous saluons la libération du capitaine de l'Erika, dont il ne faudrait pas faire un bouc émissaire" a souligné Bruno Rebelle, Directeur de Greenpeace France. "Nous nous constituons partie civile pour que l'on puisse comprendre exactement ce qui est arrivé et pourquoi l'Erika a ainsi sombré, larguant sa cargaison polluante. Nous voulons nous assurer que les véritables responsables seront identifiés. La solidarité et la compassion exprimés par Monsieur Desmaret, PDG de TOTALFINA, ne sont que de belles paroles, ce que nous voulons c'est de la responsabilité face à ce désastre écologique."

Depuis que le pétrolier Erika s'est cassé en deux au large de Belle Ile, il y a maintenant 1O jours, plus de 10.000 tonnes de fuel lourd dérivent à la surface de l'océan. Les moyens conséquents déployés par les autorités maritimes n'ont permis jusqu'à maintenant de ne récupérer qu'une infime partie de ce pétrole. Par ailleurs rien n'a été fait pour tenter de récupérer les 20 000 tonnes qui sont encore dans les cales de 1'Erika qui gît par 120 mètres de fond.

TOTALFINA se doit de mobiliser tous les moyens possibles pour évaluer l'état de la structure de la partie postérieure de l'épave, surveiller son évolution notamment du fait des nouvelles tempêtes annoncées et programmer la récupération de l'épave ou, au minimum, de sa cargaison.

En effet, une fois échappé de l'épave il est maintenant avéré que ce fuel terminera son parcours sur les côtes de Bretagne ou de Vendée puisqu'il semble particulièrement difficile de le récupérer en surface même dans des conditions météorologiques idéales qui ne sont guère fréquentes en cette période de l'année.

Le plan Polmar qui est maintenant activé n'est en fait qu'un effort de coordination de la détermination et de la bonne volonté de chacun pour tenter de limiter des dégâts inéluctables. Greenpeace mobilise ses équipes de volontaires, en France et dans les pays voisins, pour venir en aide au dispositif officiel chaque fois que cela sera nécessaire.

Paul Horsman est le coordinateur de l'action de Greenpeace sur le terrain. Il a déjà eu à intervenir lors des précédentes marées provoquées par le "Braer" en Ecosse et le "Mer Egée" à La Corogne en Espagne. Il déclarait ce matin : "La principale leçon que l'on peut retenir des précédentes marées noires est qu'il est impossible de nettoyer les zones touchées. L'impact de ce type de catastrophes est perceptible pendant de longues années. Depuis son extraction jusqu'à son utilisation finale, le pétrole est un polluant majeur. L'environnement paye au prix fort l'irresponsabilité des compagnies pétrolières dont la seule finalité est la recherche d'un profit immédiat et toujours plus important."

Pour plus d'information :

Sur place :
Fréderic Claveau, au 06 09 09 89 26 - Paul Horsman, au 00 44 7 80 12 12 990.

A Paris Bruno Rebelle : 01.53.43.85.85 ou au 06 16 12 14 79.

Photos, au 06 86 78 27 32 - Images Beta au 06 07 36 51 43.

Greenpeace France, 21 rue Godot de Mauroy, 75009 PARIS
Tel 01 53 53 85 85 fax 01 42 66 56 04